pakmong younn

Odeurs de tiers monde... En Chine le moindre village ou nous nous arretions etait desservi par une belle route, avait ses epiceries, son office de la Banque Nationale Agricole, ses bagnoles et ses teles allumees un peu partout. Au Laos, il n'y a pas toujours de route, pas toujours de teles...

entree grotte

Nous venons de passer 6 jours a Banna, dans le nord du pays. Un petit village que nous avaient recommande nos copains Lukas et Julie rencontres en Mongolie. Une heure de voiture, une heure de bateau et une heure de marche a travers les rizieres. 267 habitants, des maisons de bambou, des turbines artisanales posees dans la riviere pour avoir un peu d'electricite, des cochons, des poules, des chiens qui courent partout, des gosses qui trainent derriere eux des petites voitures faites dans des bouteilles en plastique... Le tout dans un cadre vraiment magnifique de rizieres (encore elles) et de pics montagneux couverts de jungle impenetrable. banna1

cloe paysage banna

Lieu magique et miserable ou le malade traine son genou etrangement gonfle avec l'air insouciant de celui qui de toutes facons n'a jamais entendu parler d'hopital.

Le premier jour, nous le passons a l'interieur de la belle maison de la maman de Kem (notre hotesse) a regarder la pluie qui tombe sans discontinuer du matin au soir, en buvant du Laolao pour celebrer la visite d'une soeur ou d'une cousine de passage. Nous sommes 6 touristes francais a participer aux festivites. Les jours suivants nous serons les seuls.

P1050698.JPG

On se marre bien, les petits verres remplis de cet "alcool propre", comme dirait Sabrina, passent de main en main, on pioche dans le panier de riz gluant une petite boule qu'on serre bien avant de la tremper dans la soupe de bambou, on celebre. Un beau dimanche en famille. Hommes et femmes prennent part egale aux festivites et honorent a tour de role le petit verre de laolao en se bidonnant.

maison banna cloe

Le lendemain les moustiques se liguent tous pour me faire la peau ( mais mechant ! ), ce qui fait que je passe au moins une bonne grosse journee de merde. A part ca, on redecouvre l'immobilite. Cloe se fabrique une robe dans un tissu achete sur place, je fais de la bd, on se ballade, on joue a la petanque, on lit et on relit le seul livre qu'on a a notre disposition ( La musique du hasard de Paul Auster ). Depuis Pekin il y a deux mois, on etait jamais reste plus de trois nuits au meme endroit.

brochette de gosses

De la, completement deconnectes, nous sautons dans le bateau, puis dans une espece de bus decapotable, qui nous emmene a Luang Phrabang, ville etrange ou l'on ne croise que des fancais et des files de magasins d'artisanat solidaire. C'est fou comme le tourisme est capable de creer des lieux completement deracines... On est exactement a mi-chemin entre la station touristique zen europeene et le Laos. Ni dans l'un ni dans l'autre. Cela dit, on est bien contents, dans cette grande ville d'un ancien protectorat francais, de manger des sandwichs baguette vache qui rit, meme si deux sandwich coutent le meme prix que cinq nuits dans notre bungalow de Banna.

Enfin, nous allons faire la connaissance de notre couch surfer laotien dans quelques heures, ce qui devrait etre une joie et nous ouvrir des possibilites infinies de decouvertes de cette belle ville !