La Chine, les chinois et moi...
Par Cloe le dimanche 11 juillet 2010, 08:13 - Chine - Lien permanent
Tadick a raison (une fois de plus...). Notre periple en Chine s'acheve incessemment sous peu et il est vrai que nous n'avons pas beaucoup parle de nos impressions jusqu'a maintenant. Finalement, aussi paradoxalement que ca puisse paraitre, la Chine est d'une part le pays ou nous avons passe le plus de temps depuis le debut de ce voyage et, d'autre part, incontestablement celui qui nous aura laisses le plus perplexes.
Si nous avons du mal a parler de notre ressenti sur l'Empire du milieu c'est probablement qu'il reste pour nous beaucoup trop mysterieux... D'abord disons le clairement, en un mot et en deux mois, nous n'avons pas rencontre de chinois en Chine (pourtant Dieu sait qu'ils y sont nombreux...) Certes, nous en avons vu (on ne voyage tout de meme pas avec un bandeau sur les yeux, en velo ca serait beaucoup trop dangereux...) mais je dois dire que la communication est tellement difficile que nous n'avons presque pas eu d'echange avec les locaux. Nous avons bien essaye de nous mettre un peu au chinois mais la montagne etait trop insurmontable pour le peu de temps que nous envisagions de passer dans le pays. Comme ailleurs, nous avons aussi essaye de communiquer avec des gestes, des dessins... mais le fosse culturel est tel que meme sans mots, les chinois et nous, on a beaucoup de mal a se comprendre.
Il faut dire aussi que la Chine est le seul pays que nous ayons traverse ou nous n'avons jamais ete invites a boire un the, partager un repas ou passer une nuit chez l'habitant. Les quelques experiences de couch surfing que nous avons eu a Pekin nous ont permis de decouvrir le monde des expat' mais l'univers prive du chinois nous est reste totalement ferme tout au long de notre sejour. Alors je voudrais tout de meme dementir le prejuge qui court parmi les voyageurs selon lequel les chinois seraient "racistes" envers les "longs nez" que nous sommes. Pour ce qui nous concerne, nous n'avons jamais ete victimes de discrimination et nous ne nous sommes jamais sentis malvenus ou que ce soit (sauf peut etre une seule toute petite fois on nous a fait comprendre qu'on ne logeait pas de touristes etrangers dans un hotel de Hothot... mais soyons honnetes ca ne s'est jamais reproduit). Au contraire, les gens sont plutot gentils, souriants et polis a notre egard. Quand nous dessinons dans la rue ils sont curieux, quand nous arrivons a velo dans un village, ils levent souvent le pouce en riant pour nous encourager, nous n'avons pratiquement jamais du negocier un prix parce qu'on se sentait arnaques, bref, il n'est pas du tout desagreable de voyager en Chine, loin de la!
Par ailleurs, notre periple nous aura permis de mesurer (a notre echelle cela va de soi) le gigantesque fosse qui existe entre la ville et la campagne. En sillonant le Yunnan a velo, nous avons traverse de minuscules villages ou les paysans labourent leur champ avec un boeuf squelettique et une charrue en bois et ou les gens ne vivent avec presque rien. Autant dire que nous nous sommes sentis drolement loin de la Chine de Pekin avec ses enormes buildings, ses teles dans les metros ultra-modernes et ses enseignes lumineuses criantes a chaque coin de rue! C'est tout de meme fou ce pays a deux vitesses qui se dit pourtant communiste... d'un cote, les villes, qui sont de plus en plus modernes, abritent des populations qui ont un mode de vie proche de celui des occidentaux, et de l'autre, la Chine des campagnes qui semble tout juste sortie du moyen age.
Visiblement c'est aussi un pays qui change a une vitesse vertigineuse. Nous avons croise des voyageurs qui sont venus pour la premiere fois il y a 15 ans et a l'epoque, il n'y avait pas de voitures dans une ville comme Chengdu qui est maintenant une megalopole ultra polluee mais moderne!
Bref, vous l'aurez compris, nous on a pas tout compris dans ce pays... Ceci dit, on a diablement bien mange (des mangues, des lichees, des nouilles sautees a gogo des bonnes petites raviolles, des poulets aux noix de cajou...), et on a bouffe du paysage de fou (on aura vu du desert dans le Xinjian, des rizieres, des montagnes, de la jungle...). Donc on n'est pas decus d'etre venus. Si j'aurais su ben j's'rais meme reviendue !
Ceci dit, j'aspire un peu a plus de rencontres et j'ai hate d'etre au Laos ou nous sommes attendus par un couch surfeur a Luang Prabang (un Laotien, un vrai!) et par une amie d'amie (laotienne elle aussi) a Pakse (merci Sophie...) et nous avons aussi un plan pour passer quelques temps dans une famille dans un village du nord du pays . Bref, on devrait bientot sortir de notre mutisme et ca tombe a pic car on a un peu epuise tous les jeux de carte qu'on connaissait...
Voila Tadick, j'espere que je reponds a tes attentes. Je precise tout de meme que j'ecris cet article toute seule (et que je ne suis pas sure que Younn partage mon avis sur tout ce que j'avance mais qu'il ecrira peut etre sa version a lui si on lui demande gentillement...) Bon dimanche a vous tous! Et dites nous ce que vous prevoyez de faire pendant vos vacances si vous en avez... tout nous interesse!




...
Ils en prennent plein la vue a Angkor...
Commentaires
tout a fait ! des paysans qui lachourent leurs bancs avec des skeux belletiques, et je dirai meme plus, avec une barrue anchoi !
Blague a part je suis tout a fait d'accord avec Cloe.
Bonjour les cyclistes!
Nous préparons, les nôtres de vélos pour aller pédaler le long du danube, d'Allemagne à Budapest...et de nous interroger si nous prenons une popote...et de peser les chaussures car à notre âge: le poids est notre ennemi!
Ceci dit, en lisant votre récit en Chine, et déjà en Mongolie, je me demandais si votre esprit d'analyse commençait à se fatiguer quand Cloé nous a apporté la réponse . Pour commencer à bien connaître un australien d'origine chinoise avec qui on peut échanger en anglais, je confirme qu'ils sont difficiles à comprendre ces chinois, mais ça fait rudement du bien de voir qu'il y a plusieurs façons d'envisager la vie.
Sans aller si loin : avant de suivre votre blog, je n'imaginais pas que l'on puisse voyager comme vous le faites en gardant le lien avec "son clan". Je ne sais toujours pas si je pourrais le faire mais en tout cas c'est un très beau cadeau que vous nous faites! Annie
Merci Tadick pour ton intervention efficace, cela nous permet de savoir qu'ils n'ont pas encore percé le mystère de shangaï...
Nous revenons d'un week-end aux Glénan où nous avons initié Aurélie et Pierre au langage des cormorans, des huitriers Pie, des fous de bassan et autres mouettes tridactyles..c'était très sympa...on profite toujours du soleil et du vent...pourvu que çà dure..
Gros bisous
Hello les cyclistes,
Notre aventure se termine pour nous. Nous ne manquerons pas de suivre vos histoires depuis l'Alsace.
C'est toujours un plaisir de vous lire et de voir vos magnifiques dessins.
La bise.
Caro et Ben.
Excusez-moi d'être un peu tardif à remercier des informations demandées, ce sont les vacances. Il faudrait donc apprendre la langue chinoise. Que penser du sort du paysan. A voir a manière dont évolue ce pays cela finira par de grandes exploitations à l'américaine ou à la brésilienne et beaucoup de laissés pour compte.
Parions qu'au Laos les contacts seront plus faciles.
vous savez ce que cela veut dire des chinois qui lèvent le pouce en rigolant... ?? ;-))))
No comment-stop- pas beaucoup de temps- stop -pour écrire- stop- mais un peu - stop - pour lire- stop-toujours un plaisir -stop- merci- stop- bon annif de mariage-stop-santé !
:-)
S***
Il me semble que "ces deux vitesses" comme tu le décris si bien Cloé, ne sont pas si visibles dans tous les pays mais existent partout. Les écarts se creusent de plus en plus et, sans même voyager, je suis à chaque fois étonnée de voir comment le blingbling d'aix en provence contraste avec le cartier du panier à marseille (ou j'y suis en 30 min).
Nous passons d'un monde à un autre et nous oublions notre sens de l'observation dans notre vie quotidienne. Peut-être que le voyage a cette force de rester éveillé, de s'interdire d'ignorer, de se demander toujours pourquoi et de comparer la vision des autres à la notre. Le dessin aussi, c'est l'observation, la manière de voir (et une petite parenthèse, je trouve ça très intéressant de voir le même paysage dessiné par vous deux).
Je réalise pas souvent que mes grands parents étaient des fermiers assez pauvres et que ça fait pas longtemps du tout. De la même manière, Ruding, un ami chinois qui fait une thèse en ce moment dans mon labo, me raconte comment ses parents ont tout économisé pour lui offrir la possibilité de faire des études. Sa copine chinoise, qui habite avec lui, me raconte comment la génération de ses parents à vécu jusqu'à récemment dans une pauvreté assez impressionnante. Et là c'est l'opulence…
Non seulement c'est l'opulence et nous avons oublié que tout n'est pas acquis, mais en plus on rajoute tout cet argent économisé dans la faim et les courbatures du boeuf maigrichon, à une génération suivante qui est radicalement dans une sur-consommation et qui fuit tout azimut vers un idéal technologique impitoyable. Aux économies de cette génération s'ajoute les possibilités nouvelles du consumérisme effréné chinois avec seulement 20 ans d'écart. Avoir un portable à la Paz c'est la priorité number one (petit parallèle avec la Bolivie). En fait, je me demande comment le cerveau peut suivre. Comment la réflexion sur le fait de consommer, de jouir de tout ces biens, d'en profiter, mais de comprendre que derrière ce sont des matières, du travail (c'est la vision marxiste mais en plus on rajoute l'idée que à la base les matériaux dispo sur terre sont aussi déjà le fruit d'un travail (celui des écosystèmes, ex. le pétrole est le fruit de milliers d'années de dégradation)) peut tout simplement avoir lieu. C'est hyper rapide. En cela ça m'intéresse vraiment de voir comment on peut saisir la confrontation des mondes à deux vitesses qui se côtoient (évidemment je ne parle pour tous les pays, parce que nous avons qu'une terre et on ne peut pas à l'heure de la mondialisation découper en rondelles la consommation). Je pensais que le fait d'avoir un père qui a travaillé toute sa vie dans une usine à fabriquer des téléphones portables, nous donne une relation très spéciale avec le téléphone portable (forcément on y ressent la pénibilité du travail derrière, je sais pas …). Mais en fait non. Au contraire: on kiffe! On rekiffe! Et on change tout les 6 mois (c'est la moyenne nationale). En fait on fuit un peu l'absurdité de la vie...ça nous permet de pas trop penser.
Bref… c'était juste quelques pensées…
A bientôt sur la toile ;) (c'est aussi derrière des gros serveurs qui fonctionnent à fond, et c'est quand même pas mal d'en avoir conscience).
merci maud !
Aha, encore une fois votre article est excellent!
C'est con qu'on ne puisse pas se croiser!
Je pense qu'on aurait pu bien s'amuser a voyager quelques jours ensemble!
On reste en contact via le web! A bientot les aventuriers!
http://eurasia.en-escale.com