White Lake : 14eme jour...
Par Younn le lundi 14 juin 2010, 14:24 - Mongolie - Lien permanent
Polko et Stanka ont leur yourte, Lukache et Julie la leur, et nous sommes
dans notre belle tente Decathlon juste a cote. Petit campement familial sur les
bords du lac, entre le bleu nuageux du ciel mongol et le noir, vert, mauve de
l'eau. Au loin, montagnes turquoises estompees. Petit dejeuner dehors, soleil,
vent frais. J'ai des mechants coups de soleil sur le haut des pieds par ce
qu'hier on a marche six heures sur les berges et que comme j'avais trempe mes
chaussures en traversant une riviere a guet, j'ai continue pieds nus. Je suis
passe a deux doigts de l'humiliation de me ramasser la gueule dans la flotte
devant une bande de motards hilares alors que cloe avait reussi a traverser
sans se mouiller les genoux ! 



Depuis nos dernieres nouvelles, nous avons traverse des montagnes sous
cinquante bons centimetres de neige et nous sommes restes bloques deux jours
dans un campement la haut, avec une source thermale d'eau chaude. Bains de nuit
sous la neige et de jour sous le soleil, combats aeriens de faucons, troupeaux
de chevaux sauvages... finalement, pour un pays ou on peut faire trois jours de
bagnole sans croiser un troquet la Mongolie c'est pas mal.


Nous avons aussi visite Kharakorin, l'ancienne capitale de Gengis Khan, et
son complexe monastique ou bouddhismes mongol, chinois et tibetain se cotoient
gaiement. Peintures saisissantes des enfers, monstres et demons, femmes violees
par des tigres dans un decorum de visceres et de tetes coupees, grands bouddhas
aux airs moyennement sympa. On apprend que dans le folklore mongol, le poisson
symbolise la conscience par ce qu'il a toujours les yeux ouverts. Togo, notre
chauffeur, nous paye une Puja privee au petit matin. Un moine enroule dans sa
toge orange nous psalmodie d'une voix rauque un tas de trucs qui vont surement
nous porter chance, pendant qu'a l'autre bout de la yourte consacree, un de ses
confreres s'enflamme dans un Ragga endiable pour un autre client (p'tain, moi
je voulais le raggaman....)
Au moment de quitter le white lake, nous decidons que Cloe partira avec deux espagnols qui font la route vers Tsetserleg dans leur belle jeep avec guide et chauffeur et que Younn la rejoindra en stop, pas de probleme ! Du coup je passe deux jours sans mon sac, avec ma bite et mon couteau dans village sans nom ( c'est mieux comme ca ca fait plus aventure ), a attendre un lift hypothetique sous le regard moqueur des poivrots locaux qui, affales contre une palissade passent leur journee a toiser alternativement leur bouteille de vodka deja vide et l'epicerie cruellement lointaine de l'autre cote de la rue. Faux espoirs, vraies deceptions et joie d'etre vraiment quelquepart ou je n'ai aucune raison de me trouver. Je me fais embarquer par des mecs qui me promettent de partir pour Tsetserleg dans la minute et qui me font tourner cinq heures dans tout le village en chargeant une grand mere par ci, un paquet par la, deposant la grand mere un peu plus loin, s'arretant manger, faisant 3 kilometres pour deposer le paquet dans une yourte et re-embarquer la grand mere qui s'est teleportee entre temps...
Alors que la nuit tombe, mes camarades qui viennent de passer une heure a trifouiller dans le moteur incertain de leur mini-van s'arretent acheter une bouteille de vodka - par ce que tu comprends on a huile des pistons et du coup il faut qu'on boive un coup pour combattre les vapeurs - et s'appretent a faire la route de nuit. Le patron de l'epicerie me dit en se fendant la gueule que si je pars avec eux, en gros, j'ai pas des masses de chances d'arriver entier. (il y a bien six heures de piste difficile, et bourres de nuit... d'apres lui c'est chaud les marrons). Je decide donc de m'en remettre a la sagesse populaire qu'il incarne si bien avec son bidon rempli de viande de chevre et ses yeux rouges de poivrot authentique et je prends une chambre dans son hotel.
Je finis par arriver a Tsetserleg apres une trentaine d'heures, pour retrouver ma coequipiere (on faisait la course avec le couple slovaque), qui commence s'inquieter un peu quand meme. Elle a eu le temps de faire quelques dessins en m'attendant...
Le lendemain soir, nous sommes de retour a Ulan Baatar, ou nous decouvrons surpris une magnifique statue :
( J'en profite pur passer un
message : Sigmund creve sale traitre ! ).
Nous nous appretons a passer ici nos derniers jours dans ce pays fabuleux avant de partir pour de nouvelles aventures chinoises !
AH, et j'apprends que nous passons demain soir (mardi) dans Allo la planete sur la radio que le monde entier nous envie !


...
Ils en prennent plein la vue a Angkor...
Commentaires
Et ben ça, c'est du direct, du vécu ! Bravo p'tit gars ! On avait déjà pu constater que tu faisais des supers jolis sauts dans le sable du désert ; en plus, t'as des lunettes de soleil ad hoc pour la neige mongole ! ... et les Beatles ne sont jamais loin. Elle est pas belle la vie ?
C'est Cosette qui doit être contente de t'avoir retrouvé ... tu l'embrasseras pour moi. Bon courage pour la descente de la Chine à vélo (une tirée, quand même !)
Qui c'est qui se lève à pas d'heure pour causer dans le poste sur la radio que le monde entier nous envie ?
Ah ben ça fait plaisir d'avoir de vos nouvelles. Fidèle auditrice d'allo la Planète, j'allais justement leur demander de prendre de vos nouvelles. J'ai découvert votre blog grâce à l'émission et ne m'en lasse pas. Belle plume, beau dessin et beaucoup d'humour. Un cocktail détonnant qui me ravie et me fait voyager.... Continuez bien et régalez-nous de vos belles aventures
Cool ! ça c'est de l'aventure !
Cool ! ça c'est de l'aventure !
zut !
Hello,
Alors le vélo pas trop mal aux fesses.........; La reprise n'a pas été trop dure!!!! On va peut être bientôt pouvoir vous suivre grâce au tour de France....... zut vous n'êtes pas dans le bon pays.
Ils sont partout les beattles..........
Salut les aminches,
Une petite question me turlupine. Younn, quand tu discutes avec l'épicier, tu lui parles en quoi ? En tout cas, dans cet épisode "virée à la vodka", je te trouve très courageux....très "zen" dans ton récit.
Un ch'ti bisou à vous deux
"le patron de l'epicerie me dit" n'est peut etre pas la formule la plus appropriee... disons qu'il me l'a fait comprendre... par gestes et onomatopees.
Coucou ,
Younn, dis moi , hum , la façon de se "téléporter" de la grand-mère , tu l'aurais pas immortalisée sur ton petit carnet ..........dès fois que..
Ben, si tu l'as, je te fais un far aux pommes ...........!
Aaaaah... même pas mort, d'abord!
Attends-toi à une campagne de propagande des plus séduisantes dès ton retour, vil faquin!
Bise d'Ukraine à vous deux quand même (quand même...), et à bientôt!