Nous avons fait nos adieux a la Syrie ce matin... Ce que l'on retiendra de
ce pays c'est surtout l'accueil incroyable qui nous a ete reserve partout ou
nous sommes passes. Hier soir encore, en rentrant a l'hotel, nous croisons
Mohamad, un brave p'tit gar de 18 ans, suporter de Chelsea stadium jusqu'au
bout des ongles, qui nous invite a venir saluer sa famille. "Why not..." Nous
le suivons dans les ruelles de Deire el zor jusqu'a son appartement ou vivent
sa mere, ses 3 soeurs, ainsi que son frere avec sa femme et ses 4 enfants. Nous
sommes accueillis a grand renfort de the et de petits gateaux. Une des soeurs
de Mohamad, qui est professeur d'anglais, nous traduit toutes les questions qui
fusent de part et d'autre. Le grand frere appelle meme un ami de la famille qui
a etudie a Paris et qui semble ravi d'echanger avec nous par telephone. Tout le
monde nous temoigne de l'immense bonheur que lui procure la rencontre avec les
etrangers que nous sommes. A la grande joie de tous, nous utilisons le
retardateur de l'appareil pour immortaliser l'instant:
Nous promettons
d'envoyer le cliche par la poste des que possible et nous expliquons que nous
devons partir car il est deja tard et nous avons prevu de prendre le train de 6
heures ce matin. Au moment des au-revoirs, je sens que la soeur de Mohamad me
glisse quelque chose dans la poche. Elle n'a pas pu s'empecher de m'offrir une
paire de boucles d'oreille (ca ne prendra pas de place dans ton sac a dos me
dit elle avec un grand sourire). J'essaye de refuser car je n'ai rien a lui
offrir en echange mais elle insiste tant que je me sens forcee d'accepter.
Y' sont decidement vraiment trop chou ces syriens!! Tous autant qu'ils sont! Meme ceux qui ne parlent pas un mot d'anglais manient toujours a outrance le fameux "WELCOME" toujours assaisonne d'un sourire jusqu'aux oreilles. Selon le geste qui l'accompagne, ce mot magique peut vouloir dire "bonjour", "merci", "au-revoir", "viens", "attends", "assieds toi", "je t'en prie", "passe par la"...
Parfois, c'est presque trop... Ce matin par exemple, notre reveil sonne a 4h30 pour aller prendre la navette qui nous emmene a la gare. Pour une fois, nous voyons le soleil se lever sur les wagons rouilles d'un vieux train de marchandises... Quand, apres une longue attente dans le froid encore a demi ensommeilles, nous nous appretons enfin a rattraper un peu notre manque de sommeil confortablement assis dans nos sieges, nous sommes sortis de notre lethargie une fois, puis deux, puis 10 par des "WELCOME!!!" insistants auxquels nous nous devons de repondre, ne serait-ce que par un sourire amical.
A Kamechli, ville frontiere, nous sommes tout de suite pris en charge par un tres probable enieme Mohamad (un syrien male sur trois s'appelle Mohamad...) qui nous accompagne, non sans cacher l'evidente fierte que represente le fait de s'afficher publiquement avec deux voyageurs, jusqu'a un copieux p'tit dej'.
Vers 11 heures, nous passons la frontiere. Nous laissons derriere nous les
gigantesques portraits de Bachar (le si sympathique president dont il vaut
mieux ne pas trop dire de mal quand meme...) 

pour retomber illico sur une colossale statue d'Attaturk. On se sent presque revenir a la maison. İl faut dire que d'un point de vue linguistique, on est nettement plus balaizes en turc qu'en arabe qu'on a juge tellement difficile des le debut qu'on s'est vite fait contentes du strict minimum. On retrouve aussi avec plaisir les bonnes vieilles çorbas (les meilleures soupes qu'on ait jamais mange...) et les petites terrasses a chaque coin de rue qui manquaient tant en Syrie. Cependant, comme on ne peut pas tout avoir, on laisse quand meme derriere nous, avec une petite pointe de nostalgie, les temperatures estivales qui ont marque notre escapade syrienne. Des notre arrivee a Mardin, ou nous dormirons cette nuit, nous avons vu tomber quelques flocons. İl est grand temps de ressortir nos combinaisons de batman (supers thermo-lactiles integrales que nous a gentillement apporte le bienveillant pere noel...).
Mardin est une jolie ville
carte postale qui nous est presentee sous toutes ses formes et coutures par
Ali, Mehmet et Mustafa (car un turc male sur trois s'appelle Mehmet...), trois
gosses d'une dizaine d'annees trop contents de nous montrer comment grimper sur
le toit de la mosquee.

Comme ils sont un peu trop bruyants, ils se font refouler a l'entree du madres (la plus ancienne ecole coranique d'anatolie) mais ils nous attendent tout de meme dehors pour terminer leur visite de Mardin. Autant vous dire que ce soir, on va bien dormir...





















































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Ils en prennent plein la vue a Angkor...