Oulah, mais c'est qu'il s'en passe des trucs au Laos ! Je vais
reprendre l'histoire la ou on l'avait laissee...
Alors que Cloe et Joseph parcouraient a la force de leur mollets les 450
kilometres qui separent Vientiane de Luang Phrabang, je suis reste dans notre
petite guest house avec mon pote Aziz de Kerguillette. Etant donne l'eloquence
et le bagou du bonhomme, au bout du deuxieme jour tous les clients nous
prenaient pour les gerants de la place. On faisait le cafe, on alpaguait les
sacs de voyage qui passaient accroches sur le dos de leurs touristes suants, on
passait nos journees a dire des conneries avec le personnel et on fermait les
portes le soir. Cinq jours de bavardages de dessin et d'indolence ehontee, pas
exempts d'aventure. A peine ma femme etait elle partie que mon pied s'est mis a
gonfler et a se degonfler comme s'il s'etait decide a respirer pour lui meme.
Un petit chapelet de cloques degueulasses s'est forme dessus et je ne pouvais
plus aller m'acheter mes rouleaux de printemps qu'a la vitesse d'un vieillard -
ce qui n'etait pas plus mal, ca ajoutait a l'indolence - et que je ne quittais
donc plus notre table ni notre cafetiere de toute la journee.

Le quartier de la guest house a fini par devenir NOTRE quartier. Nous y
avions pignon sur rue et nous connaissions tous les pontes de la mafia
locale

Ainsi que les pires empoisoneurs publics...

Finalement la seule chose que nous nous soyons epargnes ca a ete de gouter
le Laolao parfum lezards infames et insectes degueulasses...
Apres ce sejour delicieux, j'ai rejoint ma petite famille a la capitale.
C'est de la que Joseph a ecrit notre dernier billet. Nous y avons approfondi
notre connaissance de l'histoire Lao au musee national (ancien musee de la
revolution). En fait c'est vraiment pas complique comme truc. Les
protagoinistes de leur histoire modernes se divisent en quatre
categories :
- Les colonialistes (qui jettent des enfants vivants dans des puits et qui
assassinent le peuple) = Les francais
- Les imperialistes (qui assassinent aussi le peuple) = Les americains
- Les fantoches des imperialistes (qui sont des grosses buses ) = L'armee du
sud Viet-nam
- Le peuple (qui gagne a la fin) = Les soldats du Prathet Lao.
Magnifique collection de photos ou l'on voit entre autres une division
blindee qui entre dans Luang Phrabang pour aider le peuple de la ville a se
liberer lui meme, et reliques incroyables : chaussettes ayant apartenu au
camarade machin, panier a riz du camarade truc...
Enfin... Apres apres avoir engrange toute cette culture nous avons ete en
boite avec Camta, le copain d'Olivier qui nous a heberges, et ses potes. Soiree
geniale a danser comme des zguegues sure de la pop Lao et Thai en buvant de la
biere, retour en mob derriere nos copains morts saouls et bon mal aux cheveux
le lendemain.
Apres ca, nous sommes montes dans un bus pour Pakse dans le sud du pays, et
nous y avons rencontre Son, une copine de Sophie Quinton (quoi, tu connais pas
Sophie Quinton ?!) qui nous a fait visiter sa ville et le plateau des
Bolovens.



Elle nous a aussi amene chez un ami a elle, francais expatrie avec qui on a
pu bien parler. Ils sont plein les expats ici. Pas mal de retraites qui ont
quitte leur pays pour cet ideal tropical. Ils avaient une petite retraite, ils
sont riches. Ils etaient seuls, ils ont une petite copine thai de 20 ans qui
reste tant qu'ils sont genereux. Ils font de la moto, ils voyagent, ils
glandouillent... Dans l'attitude d'un canadien que j'ai rencontre a Luang
Phrabang, on pouvait sentir ce que cette existence a de reve decu, de constat
d'echec et de regrets. Ils ont fuit la grisaille et l'aprete de la vie
occidentale et les voila au pays du sourire avec personne a qui parler
vraiment, sans vie culturelle, a redouter de choper une saloperie tropicale par
ce qu'ici il n'y pas trop de couverure maladie... Enfin Nicolas ce n'etait pas
ca du tout, il est jeune, parle la langue parfaitement, il est marie depuis
sept ans avec une lao, la France ne lui manque pas... Il nous a dit quelque
chose que je trouve interessant : " Ma femme elle sait a peine lire et
ecrire, par contre elle sait tuer le canard et le preparer. Ca je sais pas
faire. Ma femme elle est comme mon arriere grand mere, elle sait faire les
memes choses."
Aujourd'hui on est a Champasak, trente-cinq kilometres au sud de Pakse, sur
les rives de l'immense et fabuleux Mekong. On dessine, on mange de la salade de
papayes et on vous ecrit tout ca...
