chez Younnécloé

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vendredi 13 août 2010

Adios Laos...

cloe vat phu

A Champassak, ou nous avons eu l'immense privilege de visiter le Wat Phu, temple khmer datant du 11eme siecle, en compagnie d'une archeologue specialiste du Cambodge ancien (vu par Cloe ci-dessus/ vu par Younn ci-dessous...)

wp younn

Le petit apero historico-culturel que nous a servi Christine (notre fameuse archeologue) nous a carrement mis en bouche pour aller decouvrir la ville et les temples d'Angkor que nous devrions atteindre d'ici une petite semaine...

4000 iles 1

En attendant, nous voila a la fraiche, bien decontractes du gland, sur une ile en plein milieu du Mekong a quelques kilometres de la frontiere cambodgienne. cocotiers, bungalows en bambou, ballades a velo dans la jungle et superbes couchers de soleil... nous profitons a la cool de nos derniers jours au Laos.

dk younn

done khon cloe

4000 iles 2

bato younn

Et comme on ne pouvait pas quitter ce pays sans vous faire partager ce qu'on a prefere ici, je vous envoie un petit condense de culture lao:

Tout d'abord, les incontournables nems et rouleaux de printemps bien evidemment...

nem 2

nem

Mais aussi les fabuleux touk-touks... qu'on a bien failli troquer contre Ramon et Simeon...

cloe touk touk

photo tuk tuk

Les beaux Bouddhas en veux-tu en voila... Celui la mesure au moins 10 metres de haut. Il est assis entre deux arbres centenaires sur le bord d'une petite route.

bouddha champassak

Les inevitables rizieres...

rizieres cahampassak

Et les si choux champs de fleurs de lotus...

lotus

Dans deux jours nous serons au Cambodge. C'est bientot la fin pour Joseph et le debut pour Nathaly et Rozenn qu'on attend avec impatience! Bien a vous depuis les 4000 iles...

mardi 10 août 2010

Lao

Oulah, mais c'est qu'il s'en passe des trucs au Laos ! Je vais reprendre l'histoire la ou on l'avait laissee...

Alors que Cloe et Joseph parcouraient a la force de leur mollets les 450 kilometres qui separent Vientiane de Luang Phrabang, je suis reste dans notre petite guest house avec mon pote Aziz de Kerguillette. Etant donne l'eloquence et le bagou du bonhomme, au bout du deuxieme jour tous les clients nous prenaient pour les gerants de la place. On faisait le cafe, on alpaguait les sacs de voyage qui passaient accroches sur le dos de leurs touristes suants, on passait nos journees a dire des conneries avec le personnel et on fermait les portes le soir. Cinq jours de bavardages de dessin et d'indolence ehontee, pas exempts d'aventure. A peine ma femme etait elle partie que mon pied s'est mis a gonfler et a se degonfler comme s'il s'etait decide a respirer pour lui meme. Un petit chapelet de cloques degueulasses s'est forme dessus et je ne pouvais plus aller m'acheter mes rouleaux de printemps qu'a la vitesse d'un vieillard - ce qui n'etait pas plus mal, ca ajoutait a l'indolence - et que je ne quittais donc plus notre table ni notre cafetiere de toute la journee.

le pied de l'artiste

Le quartier de la guest house a fini par devenir NOTRE quartier. Nous y avions pignon sur rue et nous connaissions tous les pontes de la mafia locale

cow boy

Ainsi que les pires empoisoneurs publics...

lao lao

Finalement la seule chose que nous nous soyons epargnes ca a ete de gouter le Laolao parfum lezards infames et insectes degueulasses...

Apres ce sejour delicieux, j'ai rejoint ma petite famille a la capitale. C'est de la que Joseph a ecrit notre dernier billet. Nous y avons approfondi notre connaissance de l'histoire Lao au musee national (ancien musee de la revolution). En fait c'est vraiment pas complique comme truc. Les protagoinistes de leur histoire modernes se divisent en quatre categories :

- Les colonialistes (qui jettent des enfants vivants dans des puits et qui assassinent le peuple) = Les francais

- Les imperialistes (qui assassinent aussi le peuple) = Les americains

- Les fantoches des imperialistes (qui sont des grosses buses ) = L'armee du sud Viet-nam

- Le peuple (qui gagne a la fin) = Les soldats du Prathet Lao.

Magnifique collection de photos ou l'on voit entre autres une division blindee qui entre dans Luang Phrabang pour aider le peuple de la ville a se liberer lui meme, et reliques incroyables : chaussettes ayant apartenu au camarade machin, panier a riz du camarade truc...

Enfin... Apres apres avoir engrange toute cette culture nous avons ete en boite avec Camta, le copain d'Olivier qui nous a heberges, et ses potes. Soiree geniale a danser comme des zguegues sure de la pop Lao et Thai en buvant de la biere, retour en mob derriere nos copains morts saouls et bon mal aux cheveux le lendemain.

Apres ca, nous sommes montes dans un bus pour Pakse dans le sud du pays, et nous y avons rencontre Son, une copine de Sophie Quinton (quoi, tu connais pas Sophie Quinton ?!) qui nous a fait visiter sa ville et le plateau des Bolovens.

portrait de Son Cloe

cdascade bolovens

bolovens

Elle nous a aussi amene chez un ami a elle, francais expatrie avec qui on a pu bien parler. Ils sont plein les expats ici. Pas mal de retraites qui ont quitte leur pays pour cet ideal tropical. Ils avaient une petite retraite, ils sont riches. Ils etaient seuls, ils ont une petite copine thai de 20 ans qui reste tant qu'ils sont genereux. Ils font de la moto, ils voyagent, ils glandouillent... Dans l'attitude d'un canadien que j'ai rencontre a Luang Phrabang, on pouvait sentir ce que cette existence a de reve decu, de constat d'echec et de regrets. Ils ont fuit la grisaille et l'aprete de la vie occidentale et les voila au pays du sourire avec personne a qui parler vraiment, sans vie culturelle, a redouter de choper une saloperie tropicale par ce qu'ici il n'y pas trop de couverure maladie... Enfin Nicolas ce n'etait pas ca du tout, il est jeune, parle la langue parfaitement, il est marie depuis sept ans avec une lao, la France ne lui manque pas... Il nous a dit quelque chose que je trouve interessant : " Ma femme elle sait a peine lire et ecrire, par contre elle sait tuer le canard et le preparer. Ca je sais pas faire. Ma femme elle est comme mon arriere grand mere, elle sait faire les memes choses."

Aujourd'hui on est a Champasak, trente-cinq kilometres au sud de Pakse, sur les rives de l'immense et fabuleux Mekong. On dessine, on mange de la salade de papayes et on vous ecrit tout ca...

Campasak Younn

mercredi 4 août 2010

Le petit mot de Jojo le lao

Pirates et flibustiers en tout genre mis a part, voici donc la premiere contribution a ce super blog d un compagnon de voyage de Clown et Yoe.

jo a velo

Presentement, on est tous les trois poses pres de Vientiane dans la maison d Olivier, un copain de copine francais qui m avait deja accueilli lors de mon transit entre Bangkok et Luang Prabang et qui nous a recu comme des rois quand on est arrives voila maintenant deux jours au terme d une rando velo a travers la plus belle region du Laos.

jo et clo en haut de la cote

C est le 28 au matin que Cloe et moi avons enfourche nos deux bolides pour quitter les temples de Luang Prabang direction la capitale, a 400 km au sud. Pendant ce temps le camarade Younn restait en poste dans la super guest house qui nous servait de base dans le Nord, a faire de la bd sur les bords du Mekong ou a causer avec Aziz, son pote percussioniste venu de Lorient!

dessin younn luang prabang

De notre cote, on est passes c est le moins qu on puisse dire par des hauts et des bas... Les premiers jours nous ont direct emmenes dans les hautes altitudes, il a fallu grimper sec mais les paysages de route a flanc de montagne en valaient vraiment la peine, surtout quand on pouvait les admirer sans effort en filant a toute berzingue dans des descentes memorables! A cote de ca (et avant de debouler dans la plaine de la region capitale, beaucoup plus uniforme sur tous les plans et moins sympa) on passait quotidiennement des nuages froids du matin a la canicule de l apres midi et parfois a la mousson. Histoire aussi d embeter quand meme un peu les touristes, les montagnes laos sont coutumieres des coulees de boue, qu il faut alors degager a grands coups de tracto-pelle pendant que les bus s amassent derriere... et que les velos passent devant!

la boue

Heureusement pour nous soutenir dans notre vachement rude effort, on a pu constater grace a ce magnifique drapeau que la flamme de la revolution coco mondiale ne s etait pas eteinte dans le coeur du peuple lao (ce sur quoi il etait pas evident de se prononcer avant...). Et puis les gens sont super sympas, toujours a dire bonjour, te demander d ou tu viens, c etait rigolo d arriver dans un village et de voir toute une bande d enfants courir a notre rencontre en souriant et en tendant les mains pour qu on tope avec eux!

coco lao

Comme en general on pedalait au moins le matin et parfois un peu en milieu d apres midi avant de dormir en guest house une fois avales notre riz et notre soupe aux nouilles, ca nous laissait un peu le temps de trainer, l occasion pour Cloe de dessiner. Le Boudha date dun temple a Luang Prabang mais le portrait du bonze novice a ete fait en cours de route. Au Laos, si tout le monde peut passer le temps qu il veut au temple, cela concerne surtout les jeunes de moins de 25 ans, parfois des 5 ans!

bouddha cloe

dessin novice cloe

Au bout de 6 jours donc, on arrive meme pas fatigues a Vientiane ou l on retrouve Olivier a la sortie de son boulot de traducteur a l Ecole Francaise d Extreme Orient. Apres avoir recupere Younn, on arrive dans la maison qu il a fait constrruire en peripherie de la ville ou on se repose depuis avant hier. Parties de yam, lecture, farniente et concert gratuit tous les soirs dans le jardin (ecoutez la piste sonore du debut de l'article)! On peut pas dire qu on se creve...

maison olivier

mardi 27 juillet 2010

Luang Prabang

cloe temple vat xieng thong

Ca y est, nous avons bien recupere Joseph... un peu plus tard que prevu mais entier, grandi et change. Le voir si transforme nous a fait prendre conscience de nos bientot 9 mois de voyage... Dire que vous continuez tous de vieillir vous la bas...

joseph par cloe

Bon, nous avons aussi repare Ramon et Simeon qui avaient besoin de nouveaux roulements, nouveau porte bagage, reglage du derailleur, redressement de bequille et autres petites broutilles qui vont finir par faire de nous des genies de la mecanique cyclomobile (enfin je dois dire qu'a ce niveau la, on a quand meme encore un peu de marge ...)

sun set mekong

Nous sommes donc fin prets, Joseph et moi, pour attaquer des demain la route montagneuse et visiblement tres boueuse qui relie Luang Prabang a Ventianne. Younn lui a decide de nous rejoindre dans quelques jours. Il va rester un peu sur les berges du Mekong, trop heureux de pouvoir enfin se poser a une table pour faire de la BD en fumant des clopes, en buvant du cafe et en tchatchant avec ses copains Nok et pong.

NOK

Hier nous avons pedale tous les trois jusqu'aux fameuses "water fall" de Luang Prabang. Rien de tel qu'une bonne baignade apres 25 bornes de sueur!! En fin d'apres midi, nous nous mettons en quete d'une guest house dans les environs car nous avons decide d'y passer la nuit. Quand nous entendons les prix exorbitants qu'on nous demande (comme on aurait d'ailleurs pu s'y attendre car nous sommes probablement dans l'endroit le plus touristique du laos), nous decidons de frapper a une porte au hasard pour demander l'hospitalite. Nous tombons sur un couple de petits vieux tres gentils qui nous ont tout de suite installe des matelas par terre. Quelques minutes plus tard, un de leurs fils arrive et nous fait comprendre que ca ne va pas etre si simple que ca. Le chef du village aurait tout simplement interdit a quiconque d'accueillir des etrangers chez lui. Les touristes doivent aller a la guest house et payer 10 dollards la nuit, point. Il fait deja nuit, nous ne pouvons pas retourner a Luang Prabang et nous n'avons pas vraiment envie de demenager pour aller se faire entuber dans un attrape touriste. On insiste un peu, le fils va chercher le chef du village + un traducteur et tout ce beau monde s'assoit par terre pour commencer les negociacions. Au bout de 30 minutes il est finalement convenu que nous pouvons rester chez le couple si nous leur donnons l'equivalent de 3 euros. En prime, on nous prepare un super bon repas, on nous installe des moustiquaires au dessus des matelas et nous passons une excellente nuit...

Aller, je vous mets un joli double arc en ciel

arc en ciel

Et un petit dessin de Younn en rab...

bana younn

vendredi 23 juillet 2010

Bienvenue a Banna

pakmong younn

Odeurs de tiers monde... En Chine le moindre village ou nous nous arretions etait desservi par une belle route, avait ses epiceries, son office de la Banque Nationale Agricole, ses bagnoles et ses teles allumees un peu partout. Au Laos, il n'y a pas toujours de route, pas toujours de teles...

entree grotte

Nous venons de passer 6 jours a Banna, dans le nord du pays. Un petit village que nous avaient recommande nos copains Lukas et Julie rencontres en Mongolie. Une heure de voiture, une heure de bateau et une heure de marche a travers les rizieres. 267 habitants, des maisons de bambou, des turbines artisanales posees dans la riviere pour avoir un peu d'electricite, des cochons, des poules, des chiens qui courent partout, des gosses qui trainent derriere eux des petites voitures faites dans des bouteilles en plastique... Le tout dans un cadre vraiment magnifique de rizieres (encore elles) et de pics montagneux couverts de jungle impenetrable. banna1

cloe paysage banna

Lieu magique et miserable ou le malade traine son genou etrangement gonfle avec l'air insouciant de celui qui de toutes facons n'a jamais entendu parler d'hopital.

Le premier jour, nous le passons a l'interieur de la belle maison de la maman de Kem (notre hotesse) a regarder la pluie qui tombe sans discontinuer du matin au soir, en buvant du Laolao pour celebrer la visite d'une soeur ou d'une cousine de passage. Nous sommes 6 touristes francais a participer aux festivites. Les jours suivants nous serons les seuls.

P1050698.JPG

On se marre bien, les petits verres remplis de cet "alcool propre", comme dirait Sabrina, passent de main en main, on pioche dans le panier de riz gluant une petite boule qu'on serre bien avant de la tremper dans la soupe de bambou, on celebre. Un beau dimanche en famille. Hommes et femmes prennent part egale aux festivites et honorent a tour de role le petit verre de laolao en se bidonnant.

maison banna cloe

Le lendemain les moustiques se liguent tous pour me faire la peau ( mais mechant ! ), ce qui fait que je passe au moins une bonne grosse journee de merde. A part ca, on redecouvre l'immobilite. Cloe se fabrique une robe dans un tissu achete sur place, je fais de la bd, on se ballade, on joue a la petanque, on lit et on relit le seul livre qu'on a a notre disposition ( La musique du hasard de Paul Auster ). Depuis Pekin il y a deux mois, on etait jamais reste plus de trois nuits au meme endroit.

brochette de gosses

De la, completement deconnectes, nous sautons dans le bateau, puis dans une espece de bus decapotable, qui nous emmene a Luang Phrabang, ville etrange ou l'on ne croise que des fancais et des files de magasins d'artisanat solidaire. C'est fou comme le tourisme est capable de creer des lieux completement deracines... On est exactement a mi-chemin entre la station touristique zen europeene et le Laos. Ni dans l'un ni dans l'autre. Cela dit, on est bien contents, dans cette grande ville d'un ancien protectorat francais, de manger des sandwichs baguette vache qui rit, meme si deux sandwich coutent le meme prix que cinq nuits dans notre bungalow de Banna.

Enfin, nous allons faire la connaissance de notre couch surfer laotien dans quelques heures, ce qui devrait etre une joie et nous ouvrir des possibilites infinies de decouvertes de cette belle ville !

jeudi 15 juillet 2010

Y' sont pas vraiment stresses du nem par ici...

marche_lao.JPG

Bon, eh bien nous sommes bien arrives au Laos (sans meme se faire expulser de Chine... incroyable!)

arrivee lao

Un proverbe qui nous vient sans aucun doute de ces bons vieux colons trop soucieux de denoncer les plus faineants dit que "Les cambodgiens sement le riz, les viet namiens le recoltent, les tailandais le vendent et les laotiens l'ecoutent pousser"... Ce qui est sur, c'est que les gens sont relax' ici... pas trop stresses du nem comme diraient certains!

moine oumouxay

Les villages ont beaucoup change depuis la frontiere. Il n'y a presque plus que des maisons sur pilottis avec des toits en paille:

des. younn maisons

Les gens sont souvent devant leur porte et ne sont pas avares de sourires et de salutations a notre egard. Les femmes, quand elles ne font pas la cuisine (et quelle cuisine madoue beniguette! c'est encore meilleur qu'en Chine!) tissent du lin...

cloe metier a tisser

Ce matin nous avons fait 15 kilometres avant de faire demi tour pour reparer Ramon qui commence a montrer des signes de fatigue. Nous avons du le faire passer sous le fer a souder d'un expert en la matiere (qui a un peu crame le cable de passage des vitesses mais si peu...) enfin, normalement, nous devrions repartir demain... inch allah.

dessin younn oumouxay