chez Younnécloé

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mardi 16 août 2011

Douce France...

Et voila... on est rentres... On est contents, on n'a jamais regarde la France avec autant d'amour...

pinard fromage

On mange du pain, du fromage, de l'andouille, des crepes et des galettes... y'en a meme certains qui boivent du vin...

Et puis on s'installe temporairement dans le "pink palace":

pink palace

Une petite maison lorientaise qu'on va partager avec Tit'Anne et Julien (la p'tite soeur de Younn et son copain). Antoine et Isma sont venus spécialement (ou presque) de Bruxelles pour nous aider a déménager les quelques cartons qui nous ont attendus pendant ces longs mois dans la grange des parents...

demenagement

cloe demenagement

younn demenagement

On sera ravis si vous nous rendez visite dans notre nouveau chez nous!!

a la fenetre

vendredi 29 juillet 2011

Aujourd´hui Bogota, demain panama...

Bogota, 2600 metres d´altitude... Ca caille un peu, il pleut souvent... C´est une grosse ville un peu destroy comme on les aime.

bogota

Une ville ou se coitoient au quotidien misere et culture. Une ville ou il y a par exemple le fabuleux "museo del oro" ou nous sommes restes des heures a contempler et dessiner ces myriades de merveilles pre-colombiennes: des poteries, des masques, des bijoux et surtout des statuettes qui representent des grenouilles, des poissons, des oiseaux... des montagnes d´oeuvres en or brut ou en ceramique d´une finesse extraordianire...

mask oro

ceramique

assistant chaman

croclomuseo2

croquis cloe museo del oro

Bogota, c´est aussi la ville de Botero, Fernando de son petit nom... qui peint toujours de ravissants bonshommes tout en rondeurs et d´adorables petits boudins de bonnefemmes. Personnellement, j´aime beaucoup:

danseurs botero

Nous sommes loges ici par Carmenza, une amie de mon oncle Ricardo. A 55 ans, Carmenza cumule toujours 2 emplois (comme la plupart des gens ici). Elle se leve tous les matins a 4 heures, commence par enseigner dans une ecole primaire pendant 6 heures, puis elle traverse la ville pour aller donner des cours a la fac 8 heures d´affilee. Elle ne rentre jamais chez elle avant 21 heures et ce 5 jours par semaine... Ne vous donnez pas la peine de faire le calcul, ca fait des semaines de plus de 60 heures. Ici on travaille comme ca jusqu´a 60 ans et on meure a 63... C´est face a des personnes comme ca qu´on a parfois beaucoup de mal a oser dire qu´on est en voyage autour du monde depuis pres de 2 ans, que quand on rentrera en France, on touchera le RSA et qu´on aura la secu...

D´ailleurs, nous preparons deja notre campagne de lutte pour le maintien de nos droits en mai 2012:

reeleccion, no!

C´est une mola qui dit: "reelection, non!" Les molas, ce sont des travaux de couture tres minutieux qui sont realises par les femmes Kunas. A l´origine, les Kunas sont colombiens mais petits a petit, ils se sont faits deplacer par les para-militaires et ils sont aujourd´hui presque tous installes dans l´archipel des San Blas, au Panama. Quand les premiers colons sont arrives, ils ont prestemment demande a toutes les femmes indescentes de cette tribu de se cacher la poitrine. C´est alors qu´elles ont commence a reproduire sur du tissu les motifs qu´elles se paignaient sur le corps. Et comme l´art des molas evolue avec le temps, on trouve aujourd´hui des motifs religieux ou politiques, des figures de Walt Disney, ou des "Feliz año nuevo" (Bonne annee!).

Voila, je finis simplement avec une photo de la place de Zipaquira ou nous avons passe une bonne partie de la la journee d´aujourd´hui:

zipa

Derniere journee colombienne puisque demain, retour vers les grosses chaleurs, nous atterirons a Panama city. Meme si nous n´en avons meme pas vu la moitie, la Colombie restera pour nous un des pays phares de ce voyage. La prochaine fois qu´on vient, on ira plus au nord pour decouvrir Cartagena, santa martha, la sierra nevada et la cote caraibe...

jeudi 21 juillet 2011

Souvenirs souvenirs...

Salut !

seri4

seri3

seri2

serigraphie1

On a realise des super tee-shirts avec nos petites mains et celles d'un serigraphe du cru bien sympa, qui nous a patiement laisse experimenter des trucs artistiques de maniere completement artisanale avec ses machines qui lui servent plus souvent a faire a la chaine des faux Adidas. On a tout fait a la main et a la presse, sans qu'aucun ordinateur n'entre dans le processus de realisation. Du coup on en profite pour ouvrir une boutique sur le blog, que vous trouverez en dessous de la liste de pays a droite, ou en cliquant ici :

Boutique

Ibague

aquarelle cloe

des n&blc younn ibague

dessin cloe ibague

Apres un stage intensif de crochet , manille et chi kung sur la cote pacifique, nous voila plonges dans un univers de chevaliers, princesses, graffitis et sérigraphie a Ibague.

dessinyounnnoiretblancibague

Ibague, c’est une villounette de 500 000 habitants totalement snobee par le peu de touristes qui viennent visiter la Colombie pour la bonne raison qu’elle n’apparait dans aucun guide.

ibague

dessinyounibag

Ibague, c’est aussi la qu’habitent nos copains Renan et Lucie, des dessinateurs bigoudens rencontres a Melbourne (et recroises en Argentine) qui travaillent desormais comme intervenants artistiques dans un centre d’accueil pour enfants (la fondation Manos Amigas pour ceux que ca interesse : http://www.letsgovolunteer.info/ ).

lucie fresque

ren fresque

Ils nous accueillent comme des bons vieux potes de toujours depuis deux semaines déjà. On est bien. On fabrique des marionnettes sur le theme du moyen age avec les gosses du quartier, on regarde des documentaires de Banksy (notre nouvel idole) sur le street art, on « decore » des murs, on imprime des tee-shirts, on peint des orchidees a l’aquarelle, on on lit John Irving et Fred Vargas…

manos amigas

fresque1

cloe peinture fresque

fresque3

fresque final

atelier serigraphie

lucie orchidee

orchid clo2

orchidyounn2

lucie orchid

cloe orchid1

orchid younn

Quoi, rien de tout cela ne repond aux cliches que vous vous etiez soigneusement forges sur la Colombie ?? Si vous voulez, je peux aussi vous parler de notre invraisemblable enlevement par les FARCS. Les journees entieres dans la jungle, a la merci des moustiques et des betes sauvages sans autre nourriture que les insectes et les larves qui passaient a notre portee ; les soirees pres du feu lors desquelles Pedro et Alfredo poussaient parfois la chansonnette en brandissant alternativement machettes et maracas entre deux bouchons d’aguardiente… Et puis notre evasion suivie de notre immersion dans les fameuses et tres nebuleuses poudreuses en vue de constituer une tres serieuse etude sociologique sur les narco-traficants colombiens…

ane

Mais bon , j’ai peur que tout cela ne soit un poil trop rasant… Vous aussi l’aventure vous fatigue non ? N’est-il pas bientôt temps d’en venir enfin au denouement ?

Ils se calmerent, ils s’installerent bien tranquille cool-cool dans un appartement bruxellois, ils s’acheterent meme une carte de mediateque pour occuper leurs longues apres-midis pluvieuses …

dessin chivas cloe

noir et blc cloe

Ils vecurent heureux et eurent beaucoup d’enfants...

vendredi 8 juillet 2011

J-29

4 semaines, c'est le temps qu'il nous reste.

Qu'il nous reste pour quoi ?

Pour etre loin de la maison

Mais on a plus de maison.

famille locard paulet

4 semaines pour etre loin de l'Europe, du climat breton si extreme dans sa temperance, loins du vin rouge, du fromage et des p'tits noirs bien serres. 4 semaines avant de RENTRER.

29 jours pour decouvrir Ibague, Bogota et Panama city. 2 pays, 3 villes, 4 ou 5 lits dans lesquels dormir ? 4 semaines pour mettre fin a un voyage de deux ans. On boucle nos cerveaux comme on peut. On admire la Colombie qui bidouille autour de nous pour parvenir a joindre les deux bouts, a survivre dans sa soupe tropicale de misere et de Salsa. On est etonament calmes.

kayak juan 2 dios

L'idee de rentrer etait pour moi la cause d'angoisses assez profondes a l'epoque ou on virevoltait en Asie du sud-est parce que j'avais peur d'etre entrain de changer, par ce que je ne comprenais pas bien ce que je foutais la-bas et par ce que la question se posait trop tot. On avait dit qu'on partirait pour deux ans et dieu sait pourquoi (c'est dire) on est entrain de s'en tenir a l'esquisse de voyage qu'on avait trace depuis notre appartement lillois, dans une autre vie, a deux pas de la place du marche de Wazemmes. Cinq minutes du terrain de petanque de la place Casquette. Derriere la caserne des pompiers, dans la zone d'emanations de la boulangerie patisserie MAES. J'avais un boulot de con - quasiment de nazi - mais j'avais mes copains, j'avais le crachin tetu, mon blouson cuir pour lutter contre et puis surtout, avec ma femme on avait un truc a nous : On allait faire un putain de voyage.

gosses juan de dios

Nous ne retrouverons pas notre petit nid douillet de la rue Louis Faure, mais nos copains et nos familles, oui. Et si ce putain de voyage est en passe d'etre derriere nous, nos tetes sont si pleines de maisons, de vies entrapercues aux quatre coins du monde, d'amities eparpillees que la nuit je reve plus souvent d'etre de retour en Iran qu'a Bruxelles. Retrouver les Kucik, ces minuscules cigarettes qui ressemblent a des bonbons, bien trop mignonnes pour etre du poison. Alors rentrer ca veut dire quoi ?

jp playa

A l'heure qu'il est, il faut etre honnetes, je crois qu'inconsciement ou non, nous mettons plus de serieux a dresser un bilan de nos errances qu'a essayer de garder les pieds ancres dans la realite du voyage. Ce que ce constat a d'ironique c'est qu'a notre retour on passera surement plus de temps a errer entre le desert de Gobi et le plateau des Bolovens qu'a gouter les habitudes retrouvees.

dessin cloe juan de dios

On ne s'habitue pas pour autant a l'emerveillement qui nous suit et nous epaule comme un vieux compagnon depuis pres de 20 mois. La facon qu'a la jungle amazonienne de se jeter dans l'ocean Pacifique du haut des falaises spongieuses de Juan de Dios, le calme prehistorique de la mangrove aux racines monstrueuses. La difference que fait l'iminence du retour c'est l'agreable conscience d'etre rassasie. On a bien contemple. On va sortir de table et, si nos jambes nous portent encore, aller esquisser quelques pas de danse sur la piste entre ces laotiens qui se dandinent avec des airs de gonzesses.

dessin younn mangrove J de D

Tout se melange un peu. Notre conscience d'etre de quelque-part s'est peut-etre aiguisee un poil, mais j'ai peur que ca ne dure pas. Qu'est-ce qui nous garantit qu'une fois decoiffes par ce vent legendaire qui rabotte les Glenans 300 jours par an on aura pas l'envie d'aller retrouver notre vrai pays de coeur ? Et ce sera lequel ? Maya et Zvele a Belgrade, Kron et Jenny a Moama ? en fait tout risque d'etre pire. On aura plus envie de voyager mais de rentrer, en permanence et aux quatre coins du monde.

notre maison a Juan de Dios, dessin de younn.

Dans l'internet cafe, 5 gosses tournent autour d'un sixieme qui fait des jeux a la con sur un ordinateur. Ils bavent d'envie en attendant leur tour. Ils sont de l'age ou en France, on ne vous laisse pas sortir du parc capitonne depuis lequel on vous assene que chez nous, l'esperance de vie a la naissance augmente de 3 mois par an. Pourtant ici c'est dangereux, tout le monde nous le dit. On peut pas aller ou on veut sous peine de se faire suriner et ces gamins de 5 6 ans se balladent sans parents et trainent dans les cyber cafes. Combien de temps vont mettre les choses de chez nous pour nous paraitre normales a nouveau ? Il parait que ca peut mettre une demie journee, que le choc du retour n'en est pas un, que la realite frappe de maniere plus insidieuse apres quelques temps...

les idoles de san augustin younn.

Enfin, ca doit etre coton a lire tout ca, moi meme je n'y comprends pas grand chose. Si on est partis pour 2 ans, c'etait pour que le voyage devienne pour un temps notre vie, pour qu'on s'installe dedans en quelque sorte, pas pour demultiplier la baffe du retour. A l'heure qu'il est, il ne nous reste plus qu'a croiser les doigts et a prier pour ne pas etre desintegres par la puissance du choc. Il parait qu'a partir d'une certaine vitesse, la realite devient aussi solide que le beton.

mapl mannequin...

En fait je me rends compte que j'etais beaucoup plus serein avant d'ecrire ce message que maintenant. Je ne crois pas du tout a cette histoire d'atomisation sur la piste d'aeroport de Francfort. Je crois qu'on va se taper une bonne saucisse et puis c'est tout. Une bonne saucisse avec un peu de chou fermente et une bonne nuit de sommeil, voila ce qu'il nous faut !

younn juan de dios

jeudi 16 juin 2011

Le tumulteux periple a bord du Tigre de terreur...

dessin younn casa

Et voila... deux semaines deja que nous sommes bien arrives a Popayan, chez Vero, Ricardo, Azuli et Mayaluna:

la familia

dans leur magnifique chateau de bambous...

la casa de guadua

C´est trop dur la vie ici, vraiment... Nous enchainons des activites harassantes a un rythme effrene... baignades dans les cascades, petites seances de chantier (c´est trop super, on fait des murs en bouse de vache et fromage, si si, c´est vrai!), succulentes salades de fruits pour le gouter, bonnes petites bouffes en tous genres, grosses siestes dans le hamac et... seances de cine-canap' quotidiennes avec les filles.

tour de magie dans la cuisine

baignade au charco

au boulot

l´heure du jus

la sieste

devant les cites d´or

Et puis apres on construit meme des bateaux geniaux pour traverser l´Atlantique et partir a la decouverte des mysterieuses cites d´or en passant par le detroit de Magellan et tout... Le bateau s´appelle Le Tigre de Terreur (c´est qu´on est un peu pirates sur les bords...), il va super vite et surtout il a un equipage de choc!

le tigre de terreur

le tigre de terreur 2

On attend Jean Phlippe et marie Armelle avec impatience pour aller un peu plus loin que le village d´a cote (tres joli au demeurant...) mais disons que pour l´instant, on ne peut pas vraiment vous raconter la Colombie car nous n´y avons vu que des Lopez-Soldati...

Voila, je ne sais pas si vous aurez pu ecouter le petit air de salsa que je vous ai mis en accompagnement. C´est ce que je suis en train d´ecouter en ce moment meme et j´avais envie de vous le faire partager...

lundi 30 mai 2011

Sur le Machu Pichu...

Je me souviens bien de mon mot de passe pour acceder a la partie redacteur du blog, bien. Je regarde : Mein gott ! Mon dernier article date de plus d'un mois et demi. C'est une honte. Je me revois il y a presque 20 mois, trepignant d'impatience a l'idee de mettre en ligne mes nouveaux dessins et de vous tenir au courant tous les 3 jours de nos nouvelles aventures. Que de temps a passe et pourtant, des aventures on en vit toujours ca croyez moi.

Tenez, aujourd'hui on a sillone les rues de Cuzco pendant 5 bonnes heures a la recherche de stylos noirs "Pilot V Ball 0.5". Ca a l'air con mais pour dessiner ce sont les meilleurs stylos du monde, suivis de pres par le Mitsubishi eyeball, qui n'est pas mal non plus mais ici, impossible d'en trouver. Ni dans le centre ni dans le quartier de l'universite ou sont regroupes tous les papetiers. L'enfer total.

rue de cuzco

Sinon on a aussi visite le Machu Pichu. Pas mal. Le nom est un peu pourri mais c'est vrai que ca en jette !

machu entre les nuages

machu pichu maisons

mapi3

mapi2

classique allez, bisous.

mercredi 25 mai 2011

Cusco enfin!

cusco

Ca y est, ca n´aura pas ete une mince affaire (car decidement, les passages de frontieres se revelent de plus en plus difficiles ici en Amerique latine), mais enfin, nous sommes bien arrives entiers au Perou. Ceci dit, ne mettons pas la charrue avant les lamas et reprenons les choses ou nous les avions laissees il y a 3 semaines, c´est a dire dans la grosse ville puante, euh grouillante, de La Paz...

la paz

Le truc quand meme super important c´est qu´a La Paz, Younn s´est achete un charengo, l´instrument typique local. Je n´ai pas (encore) d´enregistrement mais il y a deja un dessin:

des cloe younn charengo

Et puis nous avons mis les voiles en direction de Copacabana, ravissante petite cite balneaire en bordure du lac Titicaca.

des youn sol 10

dessin cloe cholas

A Copacabana, comme dans tout le reste de la Bolivie, il y a ces magnifiques et tres imposantes mamitas, communement appelees ici les cholas. Leur style ne varie pas d´un poil d´une region a l´autre: chapeau de feutre presqu´haut de forme qui tient, on se demande comment, sur le haut du crane; deux tres longues tresses d´un noir de jais generalement reliees entre elles par de larges pompons a leurs extremites; gros chale en laine, tablier a carreaux, vaste jupe en velour et bien evidemment, le fameux tissus multicolore qu´elles chargent sur leur dos pour transporter enfants et cargaisons diverses.

cholitas

Les cholas, ca je peux vous le dire, ne sont pas des feignasses! Elles sont toutes baties comme des armoires normandes avec leurs seins qui pendent jusqu´au nombril et leurs fessiers 4 fois plus larges que ceux de leurs gringalets de maris. On les voit souvent sur le bord des routes, une pioche a la main ou dans les gares de bus transportant des charges inconsiderables... Et quand vient l´heure du baby foot, alors la...

l´heure du baby foot

Bref, de Copacabana, nous avons pris un bateau pour l´Isla del Sol qui nous a tellement enchantes que nous y sommes restes presque deux semaines.

isla del sol

Nous etions loges la bas dans la petite pension familiale d´Alfonso et Alicia, dans une chambre a 10 bolivianos (1 euro par jour) qui avait vue sur le lac sur trois cotes...

younn chambre isla del sol

vue de chez nous

isla del sol 2

On a dessine, bouquine, cuisine (sur feu de bois ca va de soi...), on s´est ballade, on a rencontre plein de gens sympas, on s´est meme baignes dans l´eau glaciale du lac... Bref, on ne s´est pas fait chier...

temple du soleil

des cloe sol 3

des younn sol 8

des youn sol 5

des youn sol 7

des youn sol 3

des cloe soleil

des youn sol 6

des youn sol 4

des youn sol 2

des cloe sol 2

On a meme ete passe une nuit de pleine lune sur l´ile de la lune, qui compte probablement moins d´habitants a l´annee que celle de Houat... C´était tres beau:

isla de la luna

(voila d´ailleurs aussi un dessin du temple de la lune)

dessin cloe luna

Pendant ce temps la, ca commencait cependant a chauffer tres serieusement cote peruvien. Des manifestants en colere contre des projets d´ouverture de mines de lithium avaient decide de bloquer les routes (et notemment celle que nous etions senses prendre pour entrer dans le pays). Nous avons donc attendu quelques jours en esperant que la situation s´ameliore et puis on a decide qu´on en avait marre d´attendre et on a tente notre chance en contournant le lac. Apres 10 heures de tape cul dans des mini bus divers et varies, nous sommes arrives a la nuit tombante dans un tout petit bled frontiere ou nous avons appris, tout depites qu´il n´y avait pas de police d´immigration... Il fallait retourner a Copacabana, voire a La Paz, pour avoir un tampon de sortie de territoire ou bien... sortir en clandestins... ce que nous avons decide de faire... car nous avons un vol a destination de la Colombie dans 8 jours au depart de Cusco, et surtout, on avait pas du tout envie de s´offrir 20 heures de bus supplementaires... Bref, nous avons donc rejoint la douane peruvienne de nuit dans une camionnette archi-pourrie. Coup de chance cette fois, nous sommes tombes sur des flics ultra cool qui, a l´aide de leur machine a ecrire ancestrale dont les lettres restent collees au papier (c´est pas demain la veille que le poste de police de Tilali sera informatise!!) nous ont tape un bref rapport disant que: "Richrad Leonia et Locard Ivis Mare ne peuvent faire autrement que de rentrer illegalement sur le territoire peruvien". Sur ce, ils nous envoient bien gentillement regulariser notre situation a Cusco ou nous sommes bien arrives hier, apres une deuxieme journee complete de tape-cul... Inutile de vous cacher que plus ca va plus faudra bientot qu´ca cesse parce que bon, le bus y´en a un peu ras la casquette... Enfin bon, aujourd´hui, apres un entretien de formalites et quelques "soleils de frais de dossier" ( c´est comme ca qu´on appelle la monnaie peruvienne), nous avons boucle l´affaire aujourd´hui avec les autorites peruviennes. Pour ce qui est des boliviennes... on espere seulement que d´ici notre prochaine visite, ils auront eu un bugg informatique qui leur aura fait oublie que nous ne sommes jamais sortis officiellement de leur effectifs de touristes.

cloe isla

Et sinon, comme la BD c'est de la merde, Younn s'entraine a caresser passionement les epis de ble a la lumiere rasante du crepuscule dans l'espoir de se faire recruter par Ridley Scott pour jouer le nouveau Maximus.

maximus

"Maximus ! Maximus ! ..."

Voila, il nous reste donc une grosse semaine pour profiter des merveilles de Cusco, le nombril du monde (Younn dit qu´il trouve ca degueulasse...) et s´organiser une petite visite du Machu Pichu... parce que quand meme, maintenant qu´on est la, il parait ca serait franchement dommage de rater ca... Alors ben on vous raconte tout ca tres bientot!

mercredi 4 mai 2011

Zorrino et Zorrinette dans l'Altiplano

Un billet de notre envoye special en provenance du Morbihan, le fameux journaliste de guerre Alain Richard :

le reporter

Sucre porte bien son nom, ou nous avons retrouve nos deux globe-croqueurs ; retrouvailles douces comme une confiserie, dans cette magnifique ville historique de la Bolivie nichee sur les hauts plateaux andins.

dessin cloe sucre

chola

Nous voila deja a 2700 m d´altitude et on sent bien qu´il faut economiser ses efforts. Les soirees et les nuits sont franchement fraiches et ni les rescapes du Chaco ni nous ne sommes equipes pour affronter les grands froids qui nous attendent dans les jours prochains. Hop, ni une ni deux, nous achetons calecons longs, pulls d´alpaga, bonnets et doudounes ; nous machons pas mal de coca aussi pour conjurer le mal d´altitude. Et nous partons pour Potosi, la ville la plus haute du monde (d´apres les Boliviens), a 4100 m d´altitude, au pied de la montagne Cerro Rico, transformee par les conquistadores en un veritable gruyere pour en extraire durant 3 siecles tout le minerai d´argent de l´Espagne. La ville compte actuellement 200 000 habitants, tout comme en 1670, date a laquelle elle etait alors l´une des plus grosse ville du monde. Decidement l´Altiplano est le lieu de tous les superlatifs.

cloe dessin potosi

potosi

Nous allons ensuite a Uyuni ou il fait muy frio, que c´est rien de le dire, d´ou nous partons pour 3 jours arpenter les merveilles naturelles a l´extreme sud de la Bolivie. Nous avons loue pour cela les services d´un operateur “Full Aventure” (ca ne s´invente pas) et de Dyonisos, le meilleur conducteur de 4x4 des Andes. Nous sommes accompagnes par Megane et Julien, 2 jeunes Bruxellois de 19 ans qui vadrouillent entre Perou et Bolivie depuis 3 mois. Alors la amigos, dites-vous qu´on a vu des splendeurs a couper le souffle, dans tous les sens du terme ; “Aquí, puede tomar fotos” disait Dyoni : on ne s´est pas prives …

babouins du salar

attention lamas

lama

arbol de piedra

photo de groupe

Nous avons ete au Salar de Uyuni, la plus vaste reserve de sel du monde a 3650 m de haut, nous avons vu un cimetiere de trains (casses de chez casse), nous avons croise des lacs aux couleurs incroyables, dont certains geles sur lesquels nous avons fait de belles glissades, nous avons passe des cols a plus de 4900 m sous des sommets enneiges culminants a 6000 m ou des montagnes rouges cuivre, nous avons ete tout pres de la grande marmite de l´enfer des geysers sulfureux et des bouillonnements volcaniques, nous nous sommes baignes dans des eaux a 40º, nous avons vu la voie lactee de l´hemisphere sud par des nuits glaciales a -8º, nous avons approche des flamands roses et croise des lamas suffisants et hautains (mais pas de capitaine Haddock), … et tant d´autres choses encore, qu´il y aurait trop a raconter tellement c´etait beau !!

train

younn glissade

les saltimbanques

geyser

termes

En fond sonore pour admirer ces immensites desertiques, nous ecoutions la cle USB de Younn : Bob Dylan, Enmio Moricone, Neil Young … Toutes ces emotions partagees tendraient a prouver que, peut-etre, finalement, Dieu existe … Et puis, c´est decide : dans une vie future, Brigitte sera flamand rose sur le Laguna Colorada !

coucher de soleil flamands

bibi et lama

Et une petite info de derniere minute, soyez a l´ecoute du mouv´ , radio france, demain (jeudi) entre 18 et 20 heures... et peut etre que vous allez nous entendre...

dimanche 24 avril 2011

La tres longue traversee du " damned Chaco hell"

affiche

Cette aventure la commence a bord de l´Aquidaban, a Concepcion de Paraguay, en compagnie de notre nouveau compagnon de route: Carl Wilson de Nottingham.

British jusqu´au bout des ongles, qu´il a d´ailleurs aussi propres que bien tailles, Carl nous confie des notre premiere rencontre etre un "confort traveller". Il nous faudra peu de temps pour nous apercevoir qu´il est egalement un delicieux gentleman qui demande pardon quand il s´absente 5 minutes pour aller aux toilettes et qui est toujours pret a partager ses biscuits quand vient l´heure du the.

aquidaban younn 1

aquid. younn 2

aquid younn 3

Dans la minuscule cabine que nous partageons durant nos trois jours de traversee (3 jours pour parcourir 700 km... on est bien loin du pays du TGV!), notre eternel bordel de francais un peu boheme que nous sommes cotoie donc son impeccable sac dans lequel ses affaires meme pas trouees sont triees par ordre de necessite... Outre notre petit bordel personnel, a bord de l´Aquidaban, on trouve aussi des caisses de bananes, de coca cola, des cochons enfermes dans des sacs, des velos, des motos, des matelas, des bidons d´essence et autres produits de premiere necessite que les "marineros" chargent de dechargent dans chaque petit port ou nous faisons escale. Ceux qui n´ont pas la chance d´avoir une cabine sont couches dans des hamacs ou a meme le sol. Hebetes par la chaleur, ils regardent passer les paysages de jungle verdoyante qui bordent le Rio Paraguay que nous remontons doucement a contre courant.

aquidaban dessin cloe

Enfin debarques dans la tres reculee Bahia Negra, nous nous mettons en quete d´un moyen de transport pour rejoindre la Bolivie. Apres quelques nuits sous la tente, sous une chaleur a la limite du supportable et litteralement devores par des hordes de moustiques voraces et cruels, nous optons pour une solution qui, au premier abord, nous semblait un peu couteuse mais qui, apres quelques recherches et espoirs infructueux, s´est tout simplement revelee etre la seule possible. Avec Carl, encore et toujours, nous avons donc embarque sur la "lancha" (petite barque a moteur) de Don Aliche, un papi fute aux petits yeux rieurs qui se proposait de nous emmener jusqu´a Puerto Buz, que nous pensions etre un village bolivien a seulement quelques kilometres un peu plus au nord. Persuades que nous allions trouver par nous meme un moyen de rejoindre une gare de bus ou de trains, nous avions refuse l´offre de Don Aliche qui consistait a organiser une rencontre avec un ami a lui qui serait venu nous chercher en 4X4 pour un tarif exorbitant.

dessin younn bahia negra

Seulement, en fait de village, Puerto Buz n´est qu´une minuscule base navale a moitie achevee et occupee par 8 jeunes bidasses envoyes la, au milieu du "damned Chaco´s hell", comme l´appelle desormais Carl, pour endurer 4 mois de service militaire. La seule et unique piste qui passe par la, une grande route toute droite, partiellement inondee en cette fin de saison des pluies, qui d´un cote se jette dans le rio et de l´autre file a perte de vue dans les marecages, ne sert donc qu´une fois tous les 4 mois... quand la releve arrive...

Il n´y a rien, mis a part des moustiques (qui decidement auront mis nos nerfs a tres rude epreuve ces derniers jours...), des caimans et des jaguars a plus de 100 kilometres a la ronde. Je n´ai jamais vu de toute ma miserable existence de plus absurde spot de stop que celui la!

Dans un eclair de lucidite, nous demandons tout de meme a Don Aliche qui, tres content de lui est pret a repartir chez lui, d´appeler son copain des que possible pour lui dire de venir nous chercher la au plus vite, en esperant que nous aurons survecu d´ici son arrivee. Il est trois heures de l´apres midi, nous sommes seuls au milieu du Chaco, assaillis par des nuages vrombissants et avec pour seul moyen de subsistance: quelques sachets de the, des biscuits, une bouteille d´eau et quelques bananes ecrasees au fond d´un sac plastique.

Notre "confort traveller" ne se laisse pas abattre pour autant et dirige en main de maitre l´indispensable "operation the" du moment: Nous ramassons assez de bois pour faire du feu en continu pendant 3 jours, nous filtrons l´eau de la riviere et construisons un ingenieux tripod pour faire bouillir notre eau dans une pauvre canette en ferraille completement deglinguee. Les heures passent, la nuit arrive et nous commencons a perdre tout espoir de voir arriver Javier, notre improbable sauveur.

Vers 7 heures cependant, deux militaires en uniforme viennent nous chercher pour nous proposer de planter notre tente sur le toit de leur base ou, la au moins, il n´y aura pas d´attaques d´animaux sauvages. On nous offre meme un peu de riz sec et de poulet frit avant de nous laisser entendre que naturellement, on nous fera payer un droit d´entree dans la base... Heureusement, notre cher et desormais indispensable Carly de Nottingham, qui non seulement parle un espagnol courant mais qui est en plus dote d´un sens inoui de la diplomatie, parvient a nous sortir de ce mauvais pas en arguant (ce qui n´est pas totalement faux) que nous n´avons plus un rond. Ah ces rosebeefs... Ils sont trop forts! Ce n´est pas etonnant qu´ils aient reussi a conquerir la moitie du monde...

Ceci dit, ce n´est pas pour autant que nous passons une nuit reparatrice, loin de la!! Nous nous serrons tous les trois dans notre tente, un peu flippes a l´idee que les bidasses puissent venir nous cambrioler, baignes dans une atmosphere chargee de sueur et de piqures de moustiques et reveilles a l´aube par les premiers rayons d´un soleil torride. Au petit matin, nous nous remettons a attendre dans un espoir un peu fou l´arrivee de Javier qui, Alleluhia!! finit par pointer le bout de son capot sur les coups de 10 heures.Il vient avec des sodas et des bieres fraiches dans une glaciaire, son fusil dans le coffre, son couteau a la ceinture et sa clope au bec, au volant de son rutilant 4X4. Trop heureux de quitter enfin cet endroit maudit, nous sautons a son bord dans une liesse indescriptible.

Les trois heures de piste qui suivent sont un veritable regal. Javier connait la region comme sa poche, il a l´oeil et nous avons droit a un safari de toute premiere classe. Nous avons vu une mere jaguar avec ses petits, des caimans, un anaconda, des dizaines d´autruches qui couraient sur le bord de la piste, des daims dans les hautes herbes et des myriades d´oiseaux extraordinaires. En quelques heures, le Chaco nous a rendu notre sourire, lui qui nous avait presque tout pris, il s´est alors montre sous son jour le plus genereux. (Mais c´est dommage pour vous, la connexion etant des plus miserables, il n´y aura pas de photos pour illustrer ce propos...)

Seulement, l´aventure n´etait pas finie. Arrives a Puerto Suarez, nous avons eu droit a deux fouilles integrales et musclees par des militaires completement cretins, persuades que nos micropurs etaient des pastilles d´extasy. Puis, apres une courte nuit dans un hotel crasseux, nous avons pris un train pour Santa Cruz ou nous sommes arrives 24 heures plus tard. Il faisait chaud et fatigue, je commencais a avoir tres mal a la gorge et, plutot que de se poser la pour recuperer un peu, nous avons saute dans un mini bus pour Samaipata, un petit village un peu en altitude 100 bornes plus loin ou nous allions chercher un peu de fraicheur. A l´arrivee, je ne pouvais plus parler. Mes amygdales avaient triple de volume et s´etaient tachetees de points blancs degueulasses. J´ai passe la pire nuit de tout le voyage...

Le lendemain, nous nous sommes rendus dans la seule pharmacie du village, ou Younn a failli en venir aux mains avec le pharmacien qui lui reprochait de discuter sa prescription alors que quand meme il etait docteur et qui par consequent refusait de lui vendre les antibiotiques dont j´avais besoin pendant que je pleurais lamentablement dans un coin de la boutique. Apres ce passage, un peu pathetique je dois l´avouer, j´ai tout de meme fini par commencer a me soigner et aujourd´hui, apres avoir dormi une journee et demie d´affilee, eh bien ca va beaucoup mieux. Bon, je ne suis tout de meme pas d´attaque pour un petit trip dans le "damned chaco´s hell", cela va sans dire, mais disons que bon, une petite ballade aux alentours de Samipata, ca peut etre qu´eventuellement, je peux le faire...

samaipata dessin cloe

ballade samaipata

lundi 11 avril 2011

Christiansen über alles.

Depuis Ciudad del Este, la betonnee, la voracement commerciale avec ses hommes en arme et ses magasins de chinoiseries a gogo, nous avons pris un bus pour Concepcion ou nous sommes depuis une dizaine de jours. Descendus a l´hotel Center dans une chambre glumide comme dirait Patrick, posee au dessus d´un bar karaoke, nous avons herite d´un logement bof, mais dans une ville tres agreale, calme, joliment coloniale. Je suis epate par l´idee que des types soient venus se perdre jusqu´ici, loin de tout et de tous, sous ce climat accablant, tout ca pour y construire des eglises, des palais municipaux et des places la Liberte rectangulaires entourees de maisons aux fenetres etroites. J´aurai ete eux je me serai pas emmerde avec tout ca. Je t´aurai mis des teepees, des bistrots en taule, une piscine et j´aurai dit au roi d´Espagne de s´occuper de sa Mancha.

dessin younn 2

dessin cloe aquidaban

Apres deux jours passes dans cette charmante bourgade nous avons ete harponnes par Peter Gartner. Un allemand de Saxe qui a une ferme a une quinzaine de kilometres de la ville et qui fait chambre d´hotes. Le prix etant un peu cher pour nous, nous y sommes alle en pensant y rester une nuit ou deux et la : Le guet apens. Impossible de repartir. Un cadre champetre magnifique, de la nourriture produite sur place : viandes, saucisses, poissons, specialites allemandes, pickles savoureux, jardin ombrage avec hamac et table de ping pong... Nous sommes tombes sous le charme, le probleme du prix ayant ete regle assez vite puisque je me suis mis a travailler pour un couple d`allemands (oui le coin en regorge) habitant a Concepcion qui voulaient des portraits de leurs camions militaires. Je n´ai pas cherche a comprendre. Passer des journees a dessiner en mangeant des sorbets artisanaux et en buvant du mate que demander de mieux ?

Peter a d´ailleurs fini lui aussi part nous mettre au travail en echange du logement.

fresque el roble

Il nous a aussi invite a une ballade en bateau le long de la riviere avec Carl, notre nouveau copain anglais et trois touristes du Nord pas de Calais. Vols de toucans, saucisses allemandes au barbecue, barbotages sans fin dans des bouees de tracteur au gres du courant. Notre sejour al Roble fut delicieux a tous les niveaux.

pieter.JPG

Une fameuse rencontre que celle de ce saxon bravache mais reellement inspirant. Un vrai explorateur, un personnage de Corto Maltese. Le seul homme que je n´ai jamais vu a pouvoir porter avec classe chemise ouverte et casquette de baseball et ce passe 45 ans et malgre un regime de biere qui avoisine les 8 litres par jour. Cigare tordu au bec en permanence, flot d´histoires aux levres : attaques d´abeilles tueuses, chasse au jaguar... Un vrai chat avec ses neuf vies et sa capacite a toujours retomber sur ses pattes. Nous invitons d´aileurs tous les potentiels voyageurs au Paraguay a lui rendre visite ainsi qu´a sa charmante et genereuse famille : www.paraguay.ch

matos pieter

dessin cloe el roble

Nous avons cependant repris nos sacs - car tel est notre lot - et une route qui devrait nous mener, a bord de l´Aquidaban (voir au debut du message), en 3 jours, au nord du Paraguay, jusqu´a la reculee Bahia Negra d´ou nous passerons en Bolivie.

dessin younn

Tout celqa etant bien peu de choses a cote de la rencontre que nous avons fait a dans une alcove de la brasserie munichoise de Concepcion : rien de moins que la mascotte des magasins de jouet Christiansen : Touki, le leader charismatique du bien nomme ¨club Touki¨ qui a ete pour mon enfance rouennaise un peu un equivalent des jeunesses hitleriennes (bien que plus select). De quelles derives infames s´est rendu coupable ce fier volatile pour etre pousse a l´exil et a teindre en noir son fameux plumage olive si facilement reconaissable ? Il a refuse de nous en parler et nous nous sommes contentes d´evoquer le bon vieux temps et la console que j´avais failli gagner lors de lun de ses grands jeu-concours. (ici en compagnie de mon epouse)

cloe touki

(et de moi meme)

younn et touki

dessin cloe touki

Monsieur Touki. J´aurai l´avoir cette Super Nintendo. Elle etait pour moi et pour moi seul, votre plus fidele partisan et admirateur sans borne ! Jamais cette blessure ne guerira en moi.

samedi 2 avril 2011

la Ciudad del este

Ca y est, apres avoir vu les incontournables (et oh combien spectaculaires) chutes d'Iguazu, nous avons quitte l'Argentine.

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iguazu1

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iguazu2

Et nous sommes entres avant-hier au Paraguay... Je me rappelle d'une discussion entre mon pere et mon petit frere (Joseph) quand il avait 5/6 ans: - "Dis Papa, tu sais, les parapluies, ca protege de la pluie, les parasols, ca protege du soleil, mais le paradis, ca protege de quoi dis?? " Je ne rappelle plus tres bien ce qu'avait repondu mon pere... En tous cas, n'allez pas croire que le Paraguay ne protege de quoi que ce soit non plus. Et la Ciudad del este, cette immense ville-marche aux frontieres argentine et brezilienne, encore moins!

ciudad del este

A notre arrivee, nous avons du commencer par aller a la chasse a notre tampon d'entree car notre bus ne s'est tout simplement pas arrete a la douane paraguayenne. En traversant la ville a pieds avec nos sacs a dos a la lueur du crepuscule, nous avons tout de suite senti qu'il valait mieux pour nous trouver un hotel avant la tombee de la nuit. Ici la majorite des hommes portent un flingue, un couteau, un fusil a pompe, voire les 3, bien en vue a leur ceinture. Les rues puent la pisse et la merde et les gros buildings en beton arme rivalisent tous de laideur. Les hotels eux par contre sont tous assez classes, surtout l' Hotel Munich et l' Hotel Austria... Quand on sait que la plupart des nazis qui ont fui l'Europe en 45 sont venus se refugier dans cette partie du monde, ca fait froid dans le dos... Et Younn qui ne cesse de sifflotter "SS in Urugay" (une chanson de Gainsbourg)... Alors bon, c'est peut etre ca le truc, le paraguay, ca ne protege pas des homos qui ne sont pas assez dangereux, tout le monde en conviendra... Non mais par contre, le Paraguay, ca peut eventuellement servir a proteger les honorables medecins nazis comme Mengel, pour ne citer personne, des mechants tribunaux internationaux par exemple...

diudad del este2

Bref, forts de cette premiere impression, nous avons fait quelques recherches sur internet qui nous ont un peu refroidis quand a l'idee de faire du stop pour traverser le pays en stop jusqu'a la frontiere bolivienne. Apres avoir lu quelques recits d'agressions pas piques des vers sur des blogs de voyageurs, nous avons opte pour l'alternative bus jusqu'a Concepcion d'ou nous prendrons un bateau sur le fleuve Paraguay pour remonter au nord jusqu'a Bahia Negra. Pas de paranoia inutile mais il va falloir qu'on s'y fasse, nous ne sommes plus dans les contrees zens d'Asie... Faisons gaffe, visiblement, les latinos ont le sang chaud et la detente facile...

p'tit dej c d e

mardi 29 mars 2011

Le Rainbow

Nous sommes arrives au Rainbow un lundi apres un voyage en train et bus d´une quarantaine d´heures. Les Rainbows certains connaissent, d´autres pas ou peu, dans l´idee ce sont des rassemblements qui durent un mois et dans lesquels on essaye de vivre au plus pres de la nature, souvent dans les bois, de prendre le temps de respirer, de boire l´eau a la source, de faire caca dans des trous et de s´organiser pour que les dizaines, les centaines, ou les milliers de personnes presentes selon les cas, arrivent a vivre ensemble et a resoudre les problemes qui se posent a eux. Les quelques regles tiennent sur un mouchoir de poche et sont souvent laissees a la libre interpretation de chacun. Il n´y pas de chefs, pas d´organisateurs titulaires, pas de responsables, tout le monde est dans le meme bain. Le rassemblement ou nous nous rendons pres de El Soberbio est un rassemblement mondial. Il y en a un par an en plus des nombreux rassemblements regionaux, nationaux et continentaux.

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Je mets en ligne des pages de mon carnet dans lesquelles je raconte deja pas mal de choses mais comme je sais que tout le monde ou presque va avoir la flemme de cliquer je vais essayer de vous en dire un peu plus sans etre redondant.

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Pour la grande majorite des participants la rencontre a un but spirituel. On retrouve ici, dans le giron de la terre mere, les vibrations d´amour et d´harmonie que parasitent sans cesse dans notre monde decadent le bruit des voitures et le rayonnement des ecrans. On apprecie le sacre dans le feu, l´eau et la lune, on se met tout nu et, le noeud a l´air libre, on ecoute chanter le pinson le long des lignes energetiques. Le premier soir, apres avoir ouvert a la hache un bout de jungle et y avoir monte notre tente, apres avoir donne un coup de main a la cuisine ou se prepare deux fois par jour un repas pour tout le monde, on s´est retouves autour du feu sacre a danser au rythme des percussions, entoures de jeunes et belles femmes devetues. Pas de concert mais plutot une sorte de de ceremonie participative dans laquelle chacun, libre de ses gestes, bouge, chante ou crie a sa guise. L´ambiance est electrique et on sent bien quelque chose de tribal monter vers le ciel en volutes avec la fumee.

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Pendant les deux semaines que nous avons passe dans cette petite commune anarchiste rurale on nous a parle plus du calendrier Maya, des martiens, et de la retention de sperme que de politique. On peut meme dire qu´a un moment on a commence a se demander ce qu´on foutait au milieu de ces illumines. Mais c´est la que l´experience est devenue interessante finalement. C´est un rassemblement libre et libertaire. Personne n´a - en theorie - plus le droit d´y precher Jodorowski qu´Alain Juppe et si l´ambiance generale est resolument mystique on a fini par comprendre qu´on avait le droit d´etre la et d´y rester, et de s´y faire des copains sans embrasser le culte des azteques.

carnet cloe 1

Alors a commence une periode de grand bonheur. Nous nous sommes organises en comite de quartier avec nos voisins proches pour s´installer une petite zone feu de camp et creuser nos propres toilettes communautaires et nous avons coule des jours heureux entre le "cercle principal" (comprendre la prairie avec le feu magique), la riviere, les campements des copains, la foret et la cascade. On a mange du poisson avec Yannis et son fiston, Achouan, qui a cinq ans n´a jamais mis les pieds a l´ecole mais sait pecher tout seul, comprend le francais et l´espagnol et connait tous les personnages de Dragon Ball Z. On s´est delasses dans le sauna en boue, on a fume des petards et rigole come des baleines avec notre copain "le brezilien" qui revenait sans cesse sur sa fascination pour l´incroyable rayonnement culturel de la France (sans vouloir m´ecouter quand je lui disais que dans la plus prestigieuse librairie de Buenos Aires je n´ai pas trouve un seul livre en francais alors que quand meme bon sang du temps de Borges...), le genie universel de Goscinny, et le fait que quand meme, Jose Bove, ca c´est un mec qui a de la classe.

carnet cloe 3

On a retrouve Grand Younn, rencontre Pablo, Llop, Amandine, Kurt Cobain (il faut le dire a personne mais il est vivant, il vit a poil dans la jungle et il a plutot bonne mine) et Boris, notre voisin russe avec qui on a passe de grands moments. On a aussi assiste la sorciere, une brezilienne a carrure de camioneur et chapeau de cow-boy. J´ai passe deux apres-midi entiers a essayer de dechifrer ses ordres portuguisants pour l´aider a preparer la tisane magique pour les malades. Elle se ramenait, gesticulait dans tous les sens jusqu´a me mettre le grapin dessus, me montrait la marmite me faisait comprendre qu´il fallait qu´il y a ait de l´eau et que ca bout et puis me laissait la, a devoir eloigner du feu tous ces hippies a moitie lobotomises et leurs casseroles pourries pour faire la potion magique !! Deux heures plus tard, sans avoir donne de nouvelles, elle resortait de la jungle avec sous le bras une botte de plantes speciales et tres dures a trouver, elle me faisait une accolade en voyant que j´avais rempli ma part du contrat et que j´avais nettoye la place et elle preparait la decoction. Magique je vous dit.

Cela dit l´infusion en question n´a pas vraiment suffi a endiguer l´epidemie de dysentrie qui s´est etendue sur notre petite communaute. Sur environ 300 participants, 60 ont fini a l´hopital d´El Soberbio et des medecins ont fini par nous rendre une petite visite, au moment du repas ou nous etions tous en cercle assis dans l´herbe pour nous dire "Vous avez un probleme d´hygiene ! Lavez vous les mains, mettez du chlore dans l´eau " et les interpretes de traduire en anglais " lavez vous les mains avec de la cendre et ouvrez bien vos chacras du haut". A l´heure ou je vous parle, l´epidemie a ete endiguee mais il pleut en permanence depuis 3 jours. Si ca continue a tomber je serai curieux de savoir comment ca va finir.

carnet cloe 2

Ce fut une experience tres riche. Riche par ce que ca m´a permis de comprendre enfin ce que les gens trouvent de si super avec la nature et par ce qu´on s´est fait des copains tres differents de nous, tres differents entre eux, et qu´on a passe du bon temps avec eux et tous ces hippies qui se balladent le zboub a l´air en recitant des mantras et se nourissent d´amour, de chou cru et d´eau fraiche.

jeudi 10 mars 2011

Buenos Aires, ses 13 millions de danseurs de tango et mangeurs d'empanadas, et nous et nous et nous...

docks BA

Apres nos 35 heures de vol au dessus, non pas de l'Ocean Pacifique, c'etait beaucoup trop simple, mais de l'Australie, de l'Ocean Indien, du sri lanka, de la peninsule arabique (petite escale au Qatar), de l'Afrique et de l'Ocean Atlantique (petite escale a Sao Paulo), nous voila donc en Argentine, au pays de Che Guevara et de Maradona. Je ne sais meme pas si on peut encore parler de tour du monde... Des que j'aurai reussi a mettre la carte a jour, vous allez pouvoir constater qu'en fait, il s'agit plutot d'un espece de grand zig-zag informe... A croire que personne n'a jamais dit a certaines compagnies aeriennes que la terre etait ronde...

Quand je pense qu'on avait la possibilite de traverser le Pacifique a la voile, j'avoue que ca me fait un peu mal mais bon, ce qui est fait est fait! Non rien de rien, Non vraiment, JE NE REGRETTE RIEN...

Enfin, bien arrives en Amerique latine donc, un peu defases il faut le dire (14 heures de decalage horaire d'un seul coup d'un seul, c'est violent...), mais super bien accueillis par Nils et Sandrine dans leur appart a la vue imprenable sur les grands buildings tout blancs de Buenos Aires.

vue BA

Avec ses petits kiosques a tous les coins de rue, ses vieilles bouches de metro, ses immeubles haussmaniens, et ses porteños blonds aux yeux bleus (litteralement "les habitants du port", soit en fait les descendants de tous les emmigres europeens qui sont venus s'installer ici a partir du 16eme siecle) Buenos Aires ressemble etrangement a Paris.

dessin cloe congreso

trome

On multiplie les ballades dans les quartiers populaires de La Boca (lou se trouve le fameux stade de la Bobonera, "la bonbonniere", domicile de la celebre equipe de la Boca Juniors...),

stadium

et de San Telmo, ou les artisans hippies de toutes nationnalites se regroupent pour vendre leurs productions de bijoux et babioles en tout genre;

san telmo

C´est la que le dimanche soir, les gens viennent des 4 coins de la ville pour festoyer sur des airs de salsa, de samba et de tcha-tcha-tcha. Ca, en matiere de fiesta, y'a pas a tortiller du cul, les latinos c'est de loin les champions du monde! Quelle ambiance mes amis! Avec quelle classe ces gens de tous age se reunissent pour jouer de la musique, boire et danser comme des fous!

dessin cloe tango2

dessin cloe tango 1

Quelle magnifique energie que celle qui vous entraine dans les bras d'un papi rigolard bien decide a vous apprendre quelques pas de tango!

Et puis, c'est la aussi que par un incroyable concours de circonstances nous sommes tombes, quelle surprise extraordinaire, sur un vieil ami lorientais: Grand Younn (quoi, tu comprends pas pourquoi qu'on l'appelle comme ca??)

les younns

Grand Younn lui vadrouille en Amerique du sud depuis un an, meme qu'on le savait meme pas... Il vit desormais dans une communaute en proche banlieue de Buenos Aires qu'il nous a invites a venir visiter. Ici on vit en harmonie avec la terre-mere. On ne se nourrit que des fruits et legumes du potager et des produits de fin de marche qu'on fait cuire sur un feu de bois. On mange tous ensemble apres s'etre tenus quelques minutes par la main, les yeux fermes, autour du repas. On bidouille, on fait de la musique et du tai-shi au milieu des arbres, des carcasses de velos de recup' et des tentes des visiteurs de passage.

velatropa

repas velatropa

portrait grand younn par cloe

Je ne sais pas s'il y a un lien reel de cause a effet mais je dois dire que depuis que nous sommes en possession du crystal de Kron (voire dernier article de Younn pour plus de precisions sur le sujet), nous aimantons de facon presqu'inquietante toutes sortes de babas-cool-neo-alternatifs en quete de spiritualite et d'harmonie. Et ca ne risque pas de s'arranger puisque nous sommes sur le point de nous rendre dans le petit village Soberbio, a 1000 kilometres au nord de Buenos Aires ou a lieu le rassemblement mondial de la Rainbow Family (des hippies du monde entier qui se retrouvent le temps d'un cycle lunaire pour vivre ensemble loin de Babylone et de la societe de consommation).

Apres ca, nous traverserons le Paraguay pour nous rendre en Bolivie, puis au Perou, en Equateur, en Colombie et peut etre au Panama qui sera vraissemblablement la derniere etape de notre voyage. Et oui, toutes les belles choses ont une fin! Nous garderons donc nos reves de Chili (et notemment de Patagonie), de Bresil et de Mexique pour des periples a venir...

Rien n'est encore vraiment sur mais il se peut que peut etre nous serons de retour dans notre bonne vieille Europe au mois d'aout. Alors a tous les reveurs, lecteurs de ce blog et voyageurs par procuration qui projettent depuis le debut de venir nous retrouver un jour, vous n'avez plus que 5 mois pour vous decider... Et croyez moi, ca va passer tres vite! Nous avons deja quelques visites de prevues: Alain et brigitte en Bolivie, peut etre Alix au perou (¿?) et JP et MAPL en Equateur, en Colombie ou au Panama (¿?)...

Besos de la Pampa... Un abrazo grande a todos!

mardi 1 mars 2011

Good bye Farewell les ozizi...

caches...

Bon oui d'accord, c'est vrai, on s'est un peu laisses happes par une routine de sedentaires ces dernieres semaines et nous n'avons pas publie grand chose sur ce blog... Il faut dire aussi a notre decharge que troquer son statut de voyageur contre celui de chomeur, ca n'a rien de tres excitant. Nous aurions pu vous detailler par le menu toutes nos plus rocambolesques journees passees a eplucher les petites annonces sur internet, distibuer des cv dans tous les cafes et restaurants de la ville, chanter dans la rue en faisant la manche, faire nos courses au super-marche et regarder des dizaines de films en compagnie de nos supers colocs... Mais meme nous on se serait emmerdes a l'ecrire.

fitzroy

Ceci dit, maintenant que nous sommes sur le point de repartir a l'aventure... caramba chaud devant, Argentina nous voila... on a quand meme envie de partager avec vous quelques echantillons de notre bref passage melbournais. Nous avons donc vecu un mois dans une chouette petite maison a Fitzroy, un quartier boheme un peu arty, super groovy... terrasses ensoleillees, concerts et graffittis. Bonnes bouffes et jam sessions presque tous les soirs avec Graham, Remi, Aviv, Alison, Alex et Josh, nos colocs et amis d'ici.

viva aviv

jam session

josh and alison

Voila les quelques dessins et peintures que nous avons realises ce dernier mois (principalement a partir de photos prises au cours de la premiere partie de notre voyage).

dessyounn5

dess rue cloe

dessin bato younn

dessin younn a

younn b

peinture cloe2

peinture cloe1

Bien sur, on est un peu tristes de quitter ce petit cocon cozy mais la sedentarite a l'autre bout du monde a eu un arriere gout de deprime en ce qui me concerne. Je suis passee par une premiere phase de qui-sui-je-ou-suis-je-que-fais-je?? pendant que Younn lui, comme a son habitude, prenait la vie comme elle venait: nuits presqu'entieres passees a peindre suivies de grosses et grasses matinees... Et puis on en est venus tous les deux a la meme conclusion: nous avons encore un peu d'energie et un peu de sous a depenser, profitons-en, filons en Amerique du sud et rentrons quand il n'y en aura plus. Ce sera deja bien assez difficile de commencer une nouvelle vie en Europe, ne nous ereintons pas en oceanie...

det fitz

Demain nous volerons donc vers Buenos Aires, arrivee prevue jeudi a 8 heures du matin heure locale... Je n'essaye meme pas de comprendre ce que ca donne en terme de decalage horaire... On pense se poser quelques jours dans cette megalopole pour atterir avant d'aller faire un tour dans le nord de l'Argentine (pres de la frontiere brezilienne) ou commence tres bientot le rainbow gathering... peace love and harmony mes freres! Apres on verra bien... Que ceux qui ont des adresses, des conseils ou des bons plans pour l'amerique du sud ne se genent pas! Bien a vous tous...

samedi 29 janvier 2011

Home sweet home...

rues melbourne 1

Nous voila a Melbourne ! Youpi ! Depuis le desert syrien d'ou nous contemplions les ruines de la grande Palmyre dans la lumiere accablante d'un soleil brulant, ce nom n'a cesse de nous tourner autour. Tous les australiens que nous avons croise durant notre voyage venaient de la. Nous avions donc en tete depuis longtemps l'idee de nous y arreter quelques mois, d'y prendre un appart' et d'y gouter un peu a la sophistication de la vie urbaine occidentale. Cela coincidait plus ou moins avec la fin de la deuxieme saison de notre voyage.

graffiti 2

Eh bien nous y voici et apres cinq jours passes a dormir dans un bus au fond du jardin de Ian - un couch surfer d'origine russe - nous venons d'emmenager dans une belle petite maison avec une americaine, un australien, un francais et un chat russe. Tout va donc pour le mieux. Melbourne a l'air d'etre une ville tres dynamique, tres artie, tendance fouizzi, smooth et assez trendie avec un petit background art-deco qui ne manque pas de schlague.

tours melbourne

Ah oui ! Le jardin de Ian, le Ian. On a quand meme passe cinq jours disais-je, dans le sacro saint de l'eglise hippie-mysticoschmutt de Melbourne, voire de tout l'etat du Victoria, voire des cinq galaxies de la confederation interstellaire d'Orion 16.

truc

bordel bordel ian

bordel younn

bordel cloe

Une maisonette et une cour remplies de "trucs" et de machins : voitures en ruine, clubs de golfe par vingtaines, trotinettes electriques ou a essence, en morceaux ou entieres, amplis, enceintes, rouleaux de moquette, dels, transistors, neons roses, champignons et poussiere, Opossums ventrus qui se balladent a la nuit tombee ou qui se chamaillent un peu avant l'aube... Avec comme seigneur et maitre un vendeur de DVDs esoteriques et de documentaires sur la theorie du complot, un fin connaisseur de la "Matrice" factice dans laquelle nous vivons tous nos vies miserables d'automates aux cerveaux pourris, un herboriste de genie qui se nourrit de poudres au magnesium et de decoctions zen. Drole d'ambiance. J'ai pas tout compris au sujet de Ra mais il semble que Ian s'adonnait avec ses amis au culte de ce dieu egyptien qui doit s'etonner de compter encore des fideles dans cette dimension.

les cardes dans la rue

Nous avons eu il faut l'avouer quelques problemes de communication avec notre hote... Quand il a commence a parler de trepanner Cloe pour lui installer un implant detecteur de petits-gris on s'est dit que le plus vite on trouverait un logement, le mieux ce serait et grace au crystal de Kron (mon dieu le crystal... j'en ai meme pas encore parle) on a trouve, en quelques jours, le meilleur appart' qu'on puisse imaginer.

carnet younn 1 carnet younn2 carnet younn 3

Le crystal de Kron c'est une histoire de fous ! C'est explique dans les pages de carnet juste au dessus. Et n'allez pas croire qu'on s'est convertis au culte de Ra ou de Horus, non, on a juste en notre possession une balise de vibrations ultra-cerebrales hyper puissantes qui genere un champ de chance autour de nous. C'est un peu l'anneau de pouvoir, genre il a sa volonte propre et tout et si on le garde trop longtemps on risque de sombrer dans la folie et d'avoir tout d'un coup des tetes de vieux avec des dents pointues mais pour l'instant on est dans la phase ascendante donc pas de probleme, on tolere les flux. On a donc le cul borde de nouilles et un excellent coeficient de penetration dans l'air.

carnet cloe

Tout cela me ramene a la fete d'hier soir. On a celebre le depart de la fille dont on reprend la chambre - pour nous c'etait donc un peu une cremaillere - et on a rencontre tout le petit monde qui gravite autour de cette maison : musiciens, grapheurs, danseurs de salsa, voyageurs... L'effet du crystal, la aussi, joue en notre faveur. On a donc une adresse pour ceux qui veulent nous envoyer des clopes (ici c'est encore plus cher....) :

Younn and Cloe Locard 4/210 Miller street fitzroy north 3065

samedi 22 janvier 2011

A frog's life

nicholas vineyard dessin younn

Ca risque d'etre dur de quitter Kron, Jenny et leur fidele Jack... Mais ca y est, il semblerait qu'ils aient epuise tous les menus travaux qu'ils avaient a nous confier. Sur la liste intitulee "frogs jobs", toutes les lignes sont desormais barrees: desherbage du jardin, tonte de la pelouse, peinture de tables et de bancs d'exterieur, vernis, vaporisation de desherbant entre les vignes, plantation de 300 arbres autour d'un champ de petits pois, taille de la glycine... Tout est enfin termine. Nous avons achete nos billets de train ce matin et nous partirons demain, la larme a l'oeil, pour Melbourne.

kron&jack

Adieu la ferme, la campagne australienne, ses innombrables oiseaux de toutes sortes, ses lievres a grandes pattes, ses araignees et ses serpents... Retour a la grande ville.

dessin oiseaux cloe

Aaah nous allons les regretter les bieres fraiches de fin de journee sur la terrasse toujours accompagnees de discussions passionnees sur la vie, l'amour, la mort, les prouts, le tabasco et les sauts en parachute! Il aura tout de meme fallu faire 20 000 kilometres pour s'enticher d'amis de 70 ans avec qui on s'interroge sur des sujets brulants tels que: l'homo-sexualite est-elle genetique? Doit-on steriliser les handicapes mentaux et les deviants sexuels? Le "mower" est-il la plus belle invention du monde? Quoi, vous non plus, vous ne savez pas encore ce que c'est qu'un mower??? Bon, pour vous donner une petite idee de la rudesse de la "vie de grenouilles" que nous avons menee ici pendant deux semaines; ainsi que pour vous presenter cette fabuleuse machine qu'est le "mower" (faisons d'une pierre deux coups) , je vous invite a aller jeter un coup d'oeil sur la derniere production des studios "younnecloe", un film entierement co-realise, co-interprete et quasiment co-monte par Younnecloe. Pour cela, il vous suffit en toute simplicite, de cliquer sur le lien ci-dessous:

http://www.youtube.com/watch?v=ZNZrm0SkCtw (lien réparé - PL)

Et puis je vous mets aussi le projet que Younn vient d'envoyer a la Libre Belgique. A paraitre dans le journal de mardi : special Employe du Moi et festival d'Angouleme. Ca ne parle absolument pas d'Australie mais plutot de souvenirs de ces bonnes vieilles dictatures d'Asie Centrale... Il faut cliquer dessus pour l'agrandir et pouvoir lire le texte:

projet libre belgique younn

projet libre belgique younn 2

jeudi 13 janvier 2011

Ete austral...

Impossible de trouver un lit double a moins de 100 dollars la nuit a Sydney en periode de fetes. Trop fatigues par cinq jours de route pour avoir le courage de reelement sociabiliser et eventuellement trouver un plan pour echapper a la nuit a la belle etoile qui se profilait – après cinq jours sans avoir pris de douche, mange chaud ou dormi dans un lit – nous avons pose nos sacs dans la cafeteria d'une guest-house pleine a craquer et nous nous sommes mis a attendre patiement que notre belle etoile fasse un peu son boulot, en jouant a la belotte a deux, si si , c’est possible.

sydney by night

C’est un jeune canadien, cubi de Goone (le vin pas cher) sous le bras, qui a trouve la solution a notre probleme : “ah mais j’ai une tente moi les cocos ! Pas de probleme ! Je vous la prete, vous la plantez dans un parc et vous me la ramenez demain matin !”. Il faut dire que cette nuit la, a Sydney, il faisait salement froid. Nous avons dormi dans un parc de Kings cross, dans une tente igloo et sous une couche de fringues.

ibis a sydney

Le lendemain matin, reposes mais ne sachant toujours pas quoi faire : Pas de couch-surfer, toujours pas d’hotel a un prix raisonnable, pas de bus ou de train pour Melbourne avant quatre ou cinq jours – tres cher de toutes facons - pas de douche en vue – on commencait a puer serieusement, nous avons decide , apres un temps d’indecision et d’errance dans ce quartier de back-packers, de partir en stop vers Shepparton : la ville ou il y a du travail, l’El dorado de la cueillette, a quelques six cent kilometres de la. Train de banlieue, achat de pain de mie, fromage et eau, bus, bords de l’autoroute, ciel gris, pas d’erreur, on est bien dans un pays civilise. Apres une premiere partie de nuit passee a faire du stop, nous avons pu dormir quelques heures, entre trois et cinq, sur le bitume derriere une station service dans un bled dont j’ai oublie le nom et puis nous avons fini par arriver de bon matin a l’office du travail saisonnier de Shepparton. En dix minutes on avait un boulot et a neuf heures on etait perches sur nos escabeaux, entrain de cueillir des abricots dans les vergers de Jeff Sand. Toujours pas laves, toujours pas reposes, mais la tete dans les feuilles a se gaver de fruits juteux.

younn a l'abricotier

Quatre jours passes dans les branches du matin au soir. Payes a la benne : 29 dollars pour 250 kilos de fruits. Loges ans une caisse en prefabrique, partageant douche et cuisine avec nos collegues, ambiance ambiance mais toujours pas trop de sommeil. C'etait le bonheur de voyager un peu comme des hobos (ces vagabonds qui sillonaient les Etats-Unis accroches a des trains de marchandise apres la crise de 29).

logement de fonction a Shepparton younn

Apres six mois passes dans la torpeur de l'Asie du sud est il est appreciable d'avoir froid et d'avoir la vie dure. Indecis sur la suite du programme, nous avons profite des derniers jours de recolte pour se faire quelques ronds tout en supportant les cris de la patronne nazie. Je me suis surpris a lui crier dessus, moi aussi, alors qu'elle me hurlait dans les oreilles que nos bennes n'etaient pas assez remplies.

cloe au tracteur

Enfin, on a pris du bon temps sur nos Massey Ferguson de 1920 mais un beau matin il a fallu partir. Partir, mais vers ou ? Eh bien pas de probleme puisqu'entre temps un ange s'etait manifeste sous la forme de Jaqueline, louee sois elle au plus haut des cieux dans la beatitude celeste des ames valeureuses et chastes, dans la raisonable equanimite sans laquelle aucun bonheur terrestre n'est possible, dans la contemplation constante du seigneur, dieu m'ampute, qui veille sur les bons et fait tomber, de temps en temps, sur les mauvais, une petite pluie de souffre dont vous m'en direz des nouvelles, y'en a un peu plus je vous l'mets quand meme ; qui nous avait mis en contact avec les Nicholas : Kron et Jenny.

Younn au tracteur

Cela fait maintenant cinq jours que nous occupons la bibliotheque de Kron, pavillon de brique rouge a l'ecart de la maison, au bord de l'etang sur lequel pleurent deux saules majestueux. Du petit ponton, juste devant la batisse, on regarde une canne qui apprend a nager a ses petits rejetons maladroits. A cinq heures, Kron debarque, aux anges : Il a quelqu'un avec qui siroter des bieres - ou du champagne quand le coeur lui en dit. Depuis que les derniers abricots de chez Jeff Sand dorment dans leurs bennes, nous avons decouvert le calme, une maison. Toute la magie est la. Apres deux semaines a dormir dans le coffre d'un 4x4, dans un parc a Sydney, dans une station service a Machin-town puis dans un mobile-home archi pourrave a Shepparton, nos corps un peu pousses a bout il faut bien l'admettre, c'est l'arrivee au domaine Nicholas, la gentillesse absolue de nos hotes, les saucisses de porc bio fabriquees en bas du chemin, le bon fromage de Flinders island, la glace au caramel.

kron cloe

On travaille un peu, entre deux averses, dans les vignes ou le jardin de Kron, on essaye de decider ce qu'on va faire ces prochains mois en laissant sa chance a chaque opportunite qui se presente, mais en ce moment elles finissent toutes par tomber a l'eau... Comme l'Australie d'ailleurs, qui est entrain de sombrer. La zone innondee dans le Queensland est grande comme la France et l'Allemagne reunies. Ce pays est incroyable.

gateau kron et younn

samedi 1 janvier 2011

New year au pays des truck-driver, des gold miner et des farmers...

paula et twiggy par cloe

Nous avons quitte Darwin, Paula, notre couch surfeuse et sa chienne Twiggy il y a 6 jours pour se lancer dans une traversee du pays "Through the bush".

retro

in the car par cloe

Nous avons donc parcouru 4000 bornes au volant d'un 4/4 de la mort et nous sommes arrives a Sydney aujourd'hui.

apollo's car

La compagnie de location qui nous a "engages" avait besoin du vehicule rapidement a l'autre bout du pays et nous proposait donc une " re-location" a 1 dollard par jour avec une participation des frais de diesel de leur part a hauteur de 250 dollards. On a signe direct. C'est seulement au bout des 500 premiers kilometres qu'on a commence a se rendre compte de l'ampleur de la responsabilite qu'on avait prise... Saviez-vous qu'un 4/4 consommait en moyenne 15 litres au 100... Ce petit road trip nous aura donc tout de meme coute la coquette somme de 500 dollards... Il faut dire aussi que faire un Darwin-Sydney, c'est un peu comme faire un Lorient-Moscou... On se rend un peu mieux compte des distances en voyant cette superposition de cartes:

map

C'etait pourquoi qu'on allait en Australie deja? Ah oui pour gagner des thunes, c'est vrai... Bon, de ce cote la, c'est pas encore tout a fait gagne mais ca ne saurait tarder...

Bon et puis saviez-vous par ailleurs qu'en Australie, non seulement on conduit a gauche mais le volant est a droite avec la boite de vitesse a gauche, la manette du clignotant a droite, celle des essuis-glaces a gauche... Bref, tout est inverse (sauf les pedales, fort heureusement!)

younni au volant

Enfin, mais ca vous le savez surement, en Australie, il y a plein de kangourous completement gogols qui se jettent sous ta voiture a la premiere occasion. On doit avouer qu'on a vu plus de kangourous morts au milieu de la route que de kangourous vivants gambadant joyeusement sur les bas cotes. A deux reprise, on en a evite de justesse en pilant comme des malades sur cette oh combien longue route toute droite ...

road

Bref, c'etait l'aventure, et bon dieu comme c'etait beau! Ces grands espaces tout plats sous des cieux a perte de vue... Regulateur de vitesse en action, on fonce comme des bolides dans un desert a terre rouge et verte amende vegetation; sous un ciel bleu, parseme ca et la de nuages lumineux qui s'agglutinent en grappes sur l'horizon, tout ca au rythme de la compile que Jeremie et Ismouth nous ont fait parvenir: techno sud-africaine, chants mafieux siciliens, Didier Wampas et Ricet Barriet sont de la partie.

Il y a Mathew aussi, un auto-stoppeur irlandais qui se rend a Melbourne, que nous avons cueilli a la sortie de Darwin et que nous avons amene jusqu'a Sydney.

jio;i;gh

rouille

artistique younn

Il nous arrive parfois de faire 200 bornes sans voir une seule habitation et puis tout d'un coup, nous tombons sur un ranch ou sur une station essence totalement isolee au dessus de laquelle flotte un drapeu australien. On s'y arrete bien-sur, pour profiter du "free cofee for the driver" et pour se degourdir un peu les jambes avant de repartir. Nous passons du Territoire du Nord au Queensland (qui connait actuellement des innondations ce qui nous a obliges a modifier et donc a ralonger un peu notre itineraire pour cause de routes fermees et d'evacuation totale de certaines villes), puis le New South Wales... Les paysages n'evoluent pas beaucoup mais on ne s'en lasse pas... Nous voyons des autruches, des serpents, des enormes lezards qui se dressent sur leurs deux pattes arrieres, des thermitieres geantes, des aigles, des gigantesques camions-trains... Quel road trip mes amis!

thermitieres

vghuul

rar west

gros camion

Le 31 vers 21 heures, nous arrivons a Nevertire, un petit bled de 400 ames, perdu entre "Tullamore" et "Dubbo" et comme quand meme, c'est nouvel an, on a achete en route deux bouteilles de piquette australienne absolument infame que nous sirotons, creves par les 1000 bornes qu'on vient de s'enfiler dans la journee, sur un parking infeste de moustiques...Debut de soiree gloque a souhait... Cependant, youpi cool, il y a un bar a Nevertire et ce soir, c'est musique live!

bar australia

Ni une ni deux, on se laisse tenter par un nouvel an chez les bouseux en craignant un peu de se retrouver dans une beuverie de gros boeux... Eh bien que nenni, nous avons ete accueillis comme des rois, a grands renfort de pintes de biere bien fraiche par: Cameron le farmer, Joe le gold miner (non non, on n'invente rien) et Buck le truck driver (celui qui repond quand on lui demande s'il a deja voyage: - "oh moi, j'ai deja ete partout! a Perth, a Darwin, a Cairns, a Melbourne..." - "Mais est ce que t'as voyage en dehors de l'australie j'veux dire?" - " Ah ca, JAMAIS! On a pas besoin du reste du monde nous" ... )

new year

Le groupe local qui fait des reprises de bon vieux rock and roll a une touche d'enfer et le public de chemises a carreaux, jeans, santiags et chapeux de cow-boys est dechaine! Il y a meme une grand mere de 81 ans qui danse encore a 2 heures du mat' passees, une bouteille de biere a la main au milieu de tous ces grands gaillards bien attentionnes. " In Nevertire, we are never tired! YEAH!" Nous on finit quand meme par cligner des paupieres et on nous broie litteralement la main pour nous temoigner une derniere marque de sympathie avant de nous laisser aller nous ecrouler dans notre 4/4 maison... Autant vous dire que le lendemain, le reveil fut un peu difficile. Mais contents quand meme!

1er janvier

2011 s'annonce donc sous de tres bons hospices au sud du tropique du capricorne. Qu'en est-il par chez vous??

Pour la suite du programme, eh bien nous allons essayer de ne pas nous eterniser a Sydney ou la vie est tres chere. Ce soir, comme toutes les auberges a tarif raisonnable sont completes, on va se payer une nuit dans un un parc ou sous un pont en attendant de pouvoir aller poser nos sacs chez un couch surfeur qui ne peut pas nous accueillir avant demain. Et puis nous mettrons le cap encore un peu plus au sud pour aller tenter notre chance dans les "fruits picking". Il parait que la saison des peches, des pommes et des myrtilles commence dans la region de Melbourne...

Grosses bises de nouvel an a vous tous!

dimanche 26 décembre 2010

Science Fiction/Double Feature...

Arrivee le jour de Noel en Australie. Ca faisait cinq jours qu'on attendait de se poser la-bas pour se remuer un peu, deposer des Cvs dans tous les restos et bars de Darwin, trouver vite un travail... On avait oublie qu'on arrivait le 24 decembre.

portrait cloe par younn

C'est un pays vide qu'on a decouvert. Pas un chat dans les rues, rien a faire pour se donner l'impression de preparer la suite des evenements. Coup dur. Du coup on a accompagne Paula, notre couch-surfeuse, au reveillon caritatif de st Vincent de Paul. Ambiance tres bizarre. Darwin c'est un des endroits d'Australie ou il y a la plus forte concentration d'aborigenes. La plupart de ceux qu'on a vu pour le moment etaient bourres, en haillons, pieds nus ; ou plus avec le style gangsta-manouche portant baggy et bandana dans les cheveux mais tout aussi bourres.

foot sur la plage kuta

Du cote des benevoles de st Vincent de Paul, des bourgeoises quarantenaires un peu trop soignees et des gros males australiens propres sur eux. Deux mondes qui ne se melangent pas. Ou plutot si, sur les 2 jours qu'on a passe a Darwin, le seul moment ou on a vu des blancs et des aborigenes se melanger alegrement, c'etait sur les bancs de ce local a reveillon, entre usagers. D'ailleurs on se serait mieux vu participer a la fete en tant que clients qu'entant que benevoles, avec nos gros sacs et nos fringues sales ca aurait ete cool...

frangipanier darwin cloe

Alors les benevoles distribuent des Coca Cola aux tables, les clients se les fourrent dans les poches sans se donner la peine de faire un sourire, et en meme temps les sourires qu'ils recoivent sont tellement condescendants et pathetiques qu'on les comprend. Apres tout ces benevoles, ils ont deja la satisfaction d'avoir bonne conscience. On va pas en plus etre sympas avec eux ? De toutes facons il n'y pas de sympa possible. Le choix c'est : bon clochard ou mauvais clochard.

st vincent de paul...

Heureusement un groupe de Rock n'roll est venu mettre le feu a tout ca, et, assiettes en plastique a la main, certains se sont mis a danser en arrosant la piste de salade de pates a la mayonnaise. Cool. Sinon sans blague, le premier produit agro-alimentaire que j'ai vu en Australie, sorti de l'aeroport, ca a ete ca :

cereales

Vous imaginez a quel point je suis content de me rendre compte qu'une fois de plus nos images d'epinales, nos fameux clilches ne sont rien d'autre que la plus pure verite.

Et puis sinon si vous voulez savoir a quoi a ressemble notre soiree du 25, eh ben on etait tous seuls chez Paula et on a regarde ca :

http://www.youtube.com/watch?v=bc80tFJpTuo&feature=related

enfonces dans des fauteuils de maniaque de la tele.

Allez bisous,

Y.

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